Au cœur d'une consultation de précarité

« Bonjour Madame. Vous avez la Sécurité sociale ? Rien ? OK, donnez-moi juste votre nom. » L'aide-soignante accueille une patiente à l'entrée de la Policlinique (la clinique de ville) de l'hôpital Lariboisière. Ici, nul besoin de pièce d'identité ou de carte Vitale pour obtenir des soins : un récépissé de l'Ofpra (l'organisme qui gère les demandes d'asile), un acte de naissance, ou juste un nom griffonné sur un papier suffisent pour être pris en charge. Le lieu relève du dispositif des PASS, les Permanences d'accès aux soins de santé, qui accueillent les personnes les plus vulnérables (lire l'encadré "Permanences d'accès aux soins de santé (PASS) : une première unité créée au début des années 1990").

Pour être certaines d'être reçues, les premières personnes sont arrivées tôt ce matin. Elles ont attendu à l'extérieur, sous la pluie froide. À 8 heures, elles se sont engouffrées à grands pas jusqu'à l'appareil qui distribue des tickets, sésame pour accéder à l'accueil. Là, on leur a attribué un rendez-vous avec, selon les besoins, un médecin, une assistante sociale, un infirmier ou une infirmière. La véritable attente commence alors, dans le long couloir, carrelage gris usé par le temps, chaises en plastique et affiches multilingues aux murs. « En général on arrive à prendre tous ceux qui se présentent » expliquent les trois aides-soignantes qui assurent l'accueil lors de notre visite. Et quand la capacité de la Policlinique est dépassée, « on leur donne un papier avec un jour indiqué dessus pour revenir. Ce n'est pas vraiment un rendez-vous mais ça les rassure ».

Le jour de notre venue est considéré comme faste. Le personnel est en nombre suffisant. Ce n'est pas toujours le cas. L'équipe soignante de la Policlinique compte notamment 8 médecins (la plupart à temps partiel), 8 infirmiers et infirmières et 9 aides-soignants et aides-soignantes, pour environ 16 000 passages par an. Lorsqu'il manque du personnel, ou tout simplement pendant les vacances d'été, le service passe en mode dégradé, voire très dégradé : les entrées sont alors drastiquement limitées aux situations les plus urgentes.

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