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Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan actualisé

Pour la quatorzième année consécutive, Prescrire publie un bilan des médicaments à écarter pour mieux soigner (1,2). Ce bilan recense de manière documentée des médicaments plus dangereux qu'utiles, avec pour objectif d'aider à choisir des soins de qualité, de ne pas nuire aux patientes et aux patients et d'éviter des dommages disproportionnés. Il s'agit de médicaments (dans de rares cas, seulement une forme ou un dosage particulier) à écarter des soins dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l'Union européenne.

Dispositifs médicaux : une agence européenne centralisée, vite !

En juillet 2025, les autorités nationales chargées des produits de santé de 17 pays de l'Union européenne ont appelé à la création d'une agence européenne centralisée des dispositifs médicaux (DM). Selon elles, cela renforcerait la coopération entre pays, en conjuguant leurs actions de vigilance et d'évaluation des risques dans un marché toujours plus complexe. Et permettrait ainsi de mieux protéger les patients, de gagner en efficience pour les États, et d'alléger les contraintes administratives pour les firmes (1). L'espoir suscité par cette prise de position remarquable a aussitôt été déçu par l'annonce par la Commission européenne d'une réforme à contre-courant

Emmanuelle Cartron : « Notre objectif est de former des infirmières en capacité de s'appuyer sur des données probantes »

Emmanuelle Cartron a obtenu son diplôme d'État infirmier en 2005. Elle a soutenu un doctorat en santé publique en 2020. Elle est aujourd'hui professeure des universités en sciences infirmières à Université Paris Cité et rédactrice en chef de la revue "Recherche en soins infirmiers"

Des repères pour aider les patients à retenir ou à écarter une application numérique en santé

De très nombreuses applications numériques dans le domaine de la santé sont à disposition des patients et plus largement des utilisateurs de smartphones. Elles peuvent être téléchargées en ligne sur internet, à partir de catalogues d'applications sur smartphones, ou encore à partir de Mon Espace Santé. Ces applications recueillent des données personnelles qui peuvent être sensibles. Ces données sont fournies par les utilisateurs eux-mêmes (suivi du cycle menstruel par exemple), ou créées par des dispositifs médicaux (DM) (mesure de la glycémie ou observance des traitements, par exemple) ou d'autres objets (montre connectée, écran ou appareil photo du smartphone, par exemple) et par diverses données de connexion ou d'interconnexion (telles que la géolocalisation ou à terme l'interconnexion des données au sein de Mon Espace Santé). Les données de santé recueillies sont parfois partagées avec des professionnels de santé (lire l'encadré "C'est-à-dire ? Données personnelles de santé et consentement à leur utilisation") (1à6)

Étendre les délais de péremption des médicaments : un enjeu économique et écologique

Les composants d'un médicament se dégradent plus ou moins rapidement au cours du temps et en fonction des conditions de conservation, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la qualité du médicament, son efficacité, la quantité de substances actives et la sécurité des patients. Les principaux facteurs d'instabilité sont l'exposition à une température inadaptée, à l'humidité, à la lumière et à l'oxygène (1,2). Le délai de péremption d'un médicament est un délai, après sa fabrication, au bout duquel la firme s'est assurée qu'il est encore stable et utilisable lorsqu'il a été conservé dans des conditions, notamment de température et d'humidité, définies lors des études. Une date de péremption est attribuée pour chaque lot de médicaments fabriqué. Une fois cette date atteinte, les médicaments sont considérés comme impropres à l'utilisation et à sortir des stocks des pharmacies d'officine, hospitalières, des firmes, des grossistes, des stocks d'État et des armoires à pharmacie à domicile. Ils doivent alors être éliminés (3,4)

Biais sexistes et ethniques aux urgences

Le tri des patients à l'arrivée dans les services d'urgence se fonde notamment sur les plaintes principales exprimées et les signes de dangers vitaux observés. Malgré l'utilisation d'échelles de triage, des disparités persistent en matière de délais d'attente, certaines en fonction du genre et de l'origine ethnique supposée. Une étude a évalué l'influence de ces biais sexistes et ethniques dans le triage des patients aux urgences (1)

Quand les soins rendent les patients vulnérables

« Doit-on agir en médecine au seul motif que l'on sait faire, au risque parfois d'engendrer des situations de souffrance ? » C'est une des questions posées par le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) dans un avis sur les vulnérabilités auxquelles peuvent exposer les avancées de la médecine et les évolutions du système de soins (1)

Vagues de chaleur : réduire les effets sur la santé, notamment des personnes les plus vulnérables

Depuis la vague de chaleur de 2003 ayant provoqué près de 15 000 morts en excès par rapport au nombre habituel de morts à la même période en France, surtout chez les personnes âgées vivant seules ou en établissement médicosocial, des mesures ont été adoptées : le Plan canicule (visant à assurer la continuité des services publics essentiels et de la vie économique et à protéger les milieux et ressources naturels), des alertes météo spécifiques, l'obligation pour les communes de tenir une liste des personnes âgées et isolées, et l'installation de salles rafraîchies dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) (1). En plus des mesures de sensibilisation de la population et des mesures collectives, d'autres actions ont été mises en place : distribution d'eau pour les personnes sans abri, mesures de rafraîchissement de l'espace urbain, mesures d'adaptation voire de restriction d'activités, etc. (2)

Produits contenant du tabac ou de la nicotine : déjouer l'emprise des firmes, encore et encore !

En France, alors que, pour des raisons de santé publique, la publicité pour les produits contenant du tabac est interdite et celle pour la nicotine fortement encadrée, des firmes réussissent à contourner ces règles pour relancer leur marché (a)(1)

Atteintes graves à la santé publique : aux États-Unis d'Amérique et ailleurs

Les premiers mois de la seconde présidence de Donald Trump aux États-Unis d'Amérique ont surpris par l'ampleur et la rapidité des bouleversements induits dans ce pays et dans le monde. Dans le domaine de la santé publique, les dégâts prévisibles et déjà avérés sont considérables. En Europe et en France, ces bouleversements trouvent des échos dans des initiatives néfastes

Antibiodépendance

L'impossible transition de l'élevage industrielEn Europe, en 2019, il y a eu environ 40 000 morts et un million d'années de vie en bonne santé ont été perdues en lien avec l'antibiorésistance bactérienne, 70 % de ces infections étant liées à des soins (1). L'utilisation des antibiotiques dans les élevages est pointée du doigt comme une des sources de l'antibiorésistance, à l'instar de l'avoparcine à l'origine de résistances bactériennes à la vancomycine dans des infections humaines. Des historiennes, sociologues et politistes appartenant au collectif Amagri (Antimicrobials in agriculture, en anglais) se sont penchés sur l'utilisation des antibiotiques dans l'élevage industriel, sous la direction de deux sociologues, l'un au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et l'autre à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Cette équipe a mené une enquête en France auprès des acteurs de l'élevage (notamment éleveurs, vétérinaires, firmes) afin de comprendre la mise en place des politiques de lutte contre l'antibiorésistance (2)

Essais cliniques publics : des résultats tous disponibles dans les registres, enfin ?

Donner un large accès aux résultats des essais cliniques évaluant des médicaments est indispensable pour obtenir un état fiable des connaissances. Pour éviter de surestimer à tort l'efficacité (par omissions de données ou écarts au protocole affaiblissant le niveau de preuves) ou pour éviter de gaspiller inutilement des ressources dans des impasses, cet accès passe par la mise à disposition d'informations sur les protocoles puis des résultats disponibles sur les registres des essais cliniques et la publication dans des revues scientifiques (a)(1,2). La recherche clinique publique française est depuis longtemps à la peine dans ce domaine, mais cela pourrait changer (1). Enfin

Indemnisation des victimes de médicaments : une directive européenne bienvenue, mais de portée limitée

Les victimes de médicaments sont les patients qui souffrent de dommages corporels importants, voire qui sont morts à cause des effets indésirables très graves de médicaments (a). Elles ont les plus grandes difficultés à obtenir une indemnisation de la part des firmes pharmaceutiques, notamment en France, car la législation d'origine européenne en cours depuis les années 1980 s'est avérée leur être très défavorable (b)(1). Une réforme de cette législation, via une nouvelle directive européenne publiée fin 2024, confirme quelques voies pouvant rééquilibrer quelque peu la situation dans l'intérêt des victimes, à condition que sa transposition se fasse au mieux dans la législation nationale des États membres (2,3)

Contamination par les PFAS

Informer sur les sources d'exposition pour réduire les effets néfastes sur la santéEn France, le 27 février 2025, le Parlement a adopté une loi limitant les utilisations des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, PFAS selon le terme anglais, objets de beaucoup d'inquiétudes (1,2). Les interdictions prévues par la loi concernent environ 20 % des utilisations de PFAS (3,4). Pour certains défenseurs de l'environnement, s'il s'agit d'une avancée, elle est limitée étant donné la très large utilisation des PFAS, dont l'impact ne cessera de se renforcer si des mesures plus drastiques ne sont pas prises (lire l'encadré "Réduire l'exposition aux PFAS et peut-être les interdire à l'échelon européen")(4à6)

Au cœur d'une consultation de précarité

« Bonjour Madame. Vous avez la Sécurité sociale ? Rien ? OK, donnez-moi juste votre nom » L'aide-soignante accueille une patiente à l'entrée de la Policlinique (la clinique de ville) de l'hôpital Lariboisière. Ici, nul besoin de pièce d'identité ou de carte Vitale pour obtenir des soins : un récépissé de l'Ofpra (l'organisme qui gère les demandes d'asile), un acte de naissance, ou juste un nom griffonné sur un papier suffisent pour être pris en charge. Le lieu relève du dispositif des PASS, les Permanences d'accès aux soins de santé, qui accueillent les personnes les plus vulnérables (lire l'encadré "Permanences d'accès aux soins de santé (PASS) : une première unité créée au début des années 1990")