On s'attendrait à ce que les médicaments destinés à une action locale, tels que les collyres ou les crèmes, n'agissent qu'au niveau du site où ils sont administrés. Pourtant, il n'est pas rare qu'ils agissent aussi à distance du site d'administration, car une quantité plus ou moins importante atteint la circulation générale.
Ainsi, des fièvres et des troubles cardiaques ont été rapportés avec l'atropine en collyre (Ryjunea°), autorisé dans la myopie chez les enfants (lire aussi "atropine en collyre (RYJUNEA°) et myopie chez certains enfants et adolescents").
Ou encore, des cas graves d'inhibition de l'axe hypothalamo-hypophysaire et d'insuffisance surrénalienne ont été rapportés après application cutanée d'une crème contenant de la clascotérone, un antiandrogène autorisé dans l'acné (Winlevi°) (lire aussi "clascotérone en crème (WINLEVI°) et acné").
Dans l'acné aussi, des malformations évocatrices de l'effet tératogène des rétinoïdes ont été observées chez des nouveau-nés dont les mères avaient appliqué une telle substance sur leur peau pendant la grossesse (lire n° 420 p. 743).
Ou encore, chez des patients sous antivitamine K, l'application buccale de miconazole pour traiter une candidose oropharyngée a provoqué des saignements graves, probablement en raison d'une interaction médicamenteuse par inhibition du métabolisme de l'antivitamine K due à l'antifongique (lire le n° 368 p. 405).
Ou encore, des insuffisances rénales aiguës et des hyperkaliémies ont été rapportées avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens en application cutanée (lire n° 455 p. 668), etc.
En somme, une action pas si locale que ça, avec parfois de lourdes conséquences pour les patients.
