Environnement, santé humaine : même combat

La santé des êtres vivants et celle des écosystèmes sont étroitement liées. Cela plaide pour une approche globale relayée sous le concept "One Health" par de nombreux acteurs, par exemple en France par l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) (1). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) en est venue à définir la santé environnementale comme « l'ensemble des aspects de la santé humaine déterminés par des facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement » (2,3).

Facteurs environnementaux : autant de morts que le tabac

Au cours d'une vie humaine, les expositions à des facteurs externes peuvent se combiner, pour entraîner des effets délétères sur la santé (effet "cocktail") : cancers, maladies métaboliques, troubles cardiovasculaires, troubles du sommeil, etc. L'OMS considère qu'un quart de la mortalité prématurée est imputable à des facteurs environnementaux. Et qu'en France, ces facteurs causeraient autant de morts que le tabac (2).

Des politiques de santé environnementale balbutiantes

En France, en 2025, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan, organisme qui apporte des analyses et propositions au Gouvernement, a étudié la dimension de la santé environnementale en se concentrant sur quatre polluants : les pesticides, les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS selon le terme anglais), le bruit et les particules fines. Il propose une refonte de l'action politique actuellement trop fragmentée dans ce domaine (2).

Mener des actions efficaces est possible. Grâce, notamment, à des mesures volontaristes en matière de chauffage et de transports : le nombre de morts attribuables aux particules fines a été divisé par 2 en France entre 2005 et 2022. Mais cette évolution favorable reste très marginale. Parmi ses recommandations, le Haut-commissariat préconise de renforcer la cohérence des actions à mener à un échelon interministériel, ce que les précédents plans nationaux santé-environnement ne permettaient pas. Il note le manque de moyens et de suivi de nombreux secteurs d'activité, et appelle à renforcer la capacité d'expertise indépendante, la sensibilisation et l'implication des collectivités territoriales, aujourd'hui inégales, et l'application des règlementations en vigueur, dont le principe du pollueur-payeur (2).

Pas de politique de santé sans politique climatique

Les interventions visant la neutralité carbone apportent aussi des bénéfices sanitaires et leur rapport coût/bénéfices est favorable dès le court terme. C'est un argument fort pour que les décideurs politiques agissent plus résolument. C'est le cas notamment dans le domaine de la qualité de l'air dont l'amélioration a des effets bénéfiques et rapides sur la santé. C'est aussi le cas des modes de transport qui favorisent l'activité physique (tels que la marche ou le vélo), et des régimes alimentaires "durables" comportant notamment une réduction de la consommation d'aliments d'origine animale (4).

Agir enfin, ni trop peu ni trop tard

En adressant ce rapport au Parlement, le Haut-commissariat met les autorités politiques face à leurs responsabilités. L'inaction, déjà dénoncée dans de nombreux rapports, contribue à la dégradation de la santé et a un coût important (5). Le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques lié au Parlement a rebondi sur ces réflexions en avril 2026 dans un rapport comprenant 85 recommandations, plaidant pour une future loi d'urgence sanitaire (6). À quand la mise en route, sans procrastiner ?

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Sources

1- Anses "One health : une seule santé pour les êtres vivants et les écosystèmes". Site consulté le 23 avril 2026.

2- Haut-commissariat à la stratégie et au plan "Les politiques publiques de santé environnementale. Pesticides, PFAS, bruit et particules : mieux connaître pour mieux agir" octobre 2025 : 418.

3- OMS "Environment health action plan for Europe" 1994. Site consulté le 23 avril 2026.

4- Pham M et coll "Les politiques climatiques sont aussi une opportunité pour la santé publique" Institut de recherche et documentation en économie de la santé Questions d'économie de la santé 2025 ; (303) : 6 pages.

5- IGAS "La santé-environnement dans les travaux de l'IGAS. Rapport de capitalisation (2013-2022)" octobre 2023 : 192 pages.

6- Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques "Santé environnementale : face aux risques connus, l'urgence d'une politique publique cohérente" avril 2026 : 295 pages.