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Crestor° (rosuvastatine) : une statine dont on peut se passer

L'hypocholestérolémiant Crestor° (rosuvastatine) est la sixième "statine" commercialisée en France. Son dossier d'évaluation ne justifie pas de l'utiliser à la place de certaines statines plus anciennes et mieux étudiées cliniquement.

Trois ans après le retrait de la cérivastatine en raison de cas de rhabdomyolyse grave (troubles musculaires parfois fatals), un sixième hypocholestérolémiant de la famille des "statines", la rosuvastatine (Crestor°), est commercialisé en France.
Fait sans précédent, le rédacteur en chef de la célèbre revue médicale Lancet a recommandé à ses lecteurs médecins de réfléchir à deux fois avant de prescrire ce médicament, en raison de risque musculaires et rénaux mis en évidence dans les essais cliniques réalisés avec la rosuvastatine. Compte tenu d'atteintes musculaires et rénales survenues dans les pays où la rosuvastatine est déjà commercialisée, l'association américaine de consommateurs Public Citizen demande purement et simplement le retrait du marché de la rosuvastatine.
Dans son numéro d'avril, à la veille de la commercialisation de Crestor° en France, la revue Prescrire précise que, selon les données cliniques disponibles, la rosuvastatine n'apporte pas d'avantage clinique prouvé par rapport aux autres statines. L'efficacité de la rosuvastatine en prévention des accidents cardiovasculaires n'a pas été démontrée, contrairement aux deux statines de référence plus anciennes : la simvastatine (Lodales°, Zocor°) et la pravastatine (Elisor°, Vasten°).
La revue Prescrire, comme d'autres sources d'informations indépendantes sur le médicament dans d'autres pays, souligne eu outre les risques musculaires et rénaux, qui appellent une évaluation approfondie.

©Prescrire 1er avril 2004

"Rosuvastatine (Crestor°)" Rev Prescrire 2004 ; 24 (249) : 245-248. Télécharger (pdf, 302 Ko).