Depuis les années 2000, de nombreux anticorps monoclonaux sont utilisés comme médicaments. Ceux commercialisés en France en 2026 sont reconnaissables par leur dénomination commune internationale (DCI) se terminant par le segment-clé -mab. Ils sont proposés en cancérologie et dans une grande diversité de situations cliniques telles que des affections rhumatismales, l'asthme, l'hypercholestérolémie, l'ostéoporose, la polypose nasale (lire aussi "tézépélumab (Tezpire°) et polypose nasale") ou encore en prévention des infections par le VRS chez les nourrissons (lire aussi "clesrovimab (Enflonsia°) et prévention des infections par le VRS chez les nourrissons").
Les anticorps monoclonaux sont conçus pour cibler une, voire deux protéines (par exemple une enzyme, un récepteur, une interleukine, un antigène viral, etc.). Une fois ces cibles identifiées par la recherche fondamentale, il est alors relativement simple de synthétiser un anticorps monoclonal dirigé contre elles. Une aubaine pour les firmes pharmaceutiques !
Les protéines cibles sont en général bien connues. Mais les conséquences cliniques de l'interaction entre l'anticorps et les protéines cibles le sont beaucoup moins, avec des effets indésirables plus ou moins connus, plus ou moins prévisibles, y compris à distance de l'organe cible. Par exemple des maladies inflammatoires intestinales avec le sécukinumab (Cosentyx°), un anti-interleukine-17A autorisé dans des affections chroniques rhumatismales et le psoriasis en plaques ; ou encore des insuffisances cardiaques avec le trastuzumab (Herceptin° ou autre), un anti-HER-2 autorisé dans certains cancers.
Les mabs, une solution "ciblée" et une aubaine pour les patients ? Dans leur intérêt, il est important de dépasser l'argument marketing et, pour chaque mab, d'analyser la réalité de l'évaluation des bénéfices cliniques et des risques connus, tout en prenant en compte les risques prévisibles, les incertitudes et les inconnues.
