En France et ailleurs, l'engouement pour les produits contenant des substances extraites de plantes ne se dément pas. Cette popularité s'accompagne parfois de l'idée que les plantes seraient naturellement efficaces et dépourvues de danger notable.
Alors que, bien sûr, les extraits de plantes aussi exposent à des dangers. Mais certains des produits qui en sont dérivés sont peut-être parfois utiles ? Certains ont peut-être fait l'objet d'une évaluation montrant une efficacité clinique suffisante pour en accepter les risques ?
Nous nous sommes posé ces questions pour l'huile essentielle d'arbre à thé, très largement vendue, notamment pour une utilisation en application cutanée dans certaines acnés. Comme pour les médicaments de synthèse, notre travail a commencé par une recherche documentaire méthodique. Plusieurs essais cliniques, aux résultats certes fragiles, vont dans le sens d'une efficacité modeste, avec des effets indésirables semblant moins fréquents qu'avec le peroxyde de benzoyle, le médicament à usage local de premier choix dans cette situation clinique (lire aussi "Huile essentielle d'arbre à thé (tea tree) et acné").
C'est avec cette même méthode et cette même démarche de "juger sur pièces" que nous avions évalué le gattilier dans le syndrome prémenstruel (lire n° 498, p. 245-247) et le thym dans la toux (lire n° 449, p. 167-169). Mais pour ces produits, la qualité de l'évaluation était très médiocre, rendant leur balance bénéfices-risques incertaine.
En somme, qu'il s'agisse d'un médicament de synthèse ou d'un produit contenant des substances extraites de plantes, Prescrire étudie objectivement les données d'évaluation disponibles. Sans a priori. Et toujours dans l'intérêt premier des patients.
