Dépistage systématique du cytomégalovirus chez les femmes enceintes

Une balance bénéfices-risques incertaine
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La question clé

Sur quelles données s'appuient les recommandations françaises de 2025 pour instaurer un tel dépistage ?

Le cytomégalovirus (CMV) est un virus de la famille des Herpes virus. En dehors des situations d'immunodépression, les infections par le CMV sont le plus souvent asymptomatiques. Parfois, elles se manifestent par des symptômes peu spécifiques tels que fièvre, pharyngite, douleurs musculaires et articulaires, céphalées, fatigue. À la suite d'une première infection par le CMV (alias primo-infection), le virus persiste sous forme inactive dans diverses cellules de l'organisme (1,2).

Le CMV est transmis par contact direct avec des liquides biologiques tels que : salive, urines, larmes, sang, lait maternel et sécrétions génitales. Il est transmissible aussi de la mère à l'enfant, à travers le placenta au cours de la grossesse ou pendant l'accouchement, exposant alors l'enfant à naître à des complications parfois graves. Plusieurs mesures d'hygiène sont utiles pour diminuer le risque d'infection par le CMV chez les femmes enceintes (lire aussi "Principales mesures d'hygiène pour prévenir la transmission du cytomégalovirus à une femme enceinte")(1à3).

En 2020, après analyse des données alors disponibles, Prescrire concluait que le dépistage systématique des infections par le CMV pendant la grossesse comportait trop de risques et d'incertitudes pour être généralisé (1). En décembre 2023, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) français avait également recommandé de ne pas mettre en œuvre un tel dépistage chez les femmes enceintes (4). Cela étant, en France, malgré l'absence de recommandation nationale pour instaurer un dépistage généralisé, environ un tiers des femmes enceintes en 2022 ou en 2023 ont eu des tests sérologiques pour le CMV, avec une fréquence très variable selon les régions (2).

En 2025, la Haute autorité de santé (HAS) française a émis un avis favorable à la mise en place d'un dépistage du CMV au premier trimestre de la grossesse chez toutes les femmes enceintes dont le statut sérologique vis-à-vis du CMV est négatif ou inconnu. Une réévaluation du dispositif est prévue après trois années pour statuer sur son éventuelle poursuite (2,3).

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