Clozapine : un risque d'agranulocytose qui décroît au fil des années de traitement, mais qui persiste

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La question clé

Les modalités allégées de surveillance mentionnées dans le RCP des spécialités à base de clozapine sont-elles suffisamment protectrices pour les patients vis-à-vis du risque d'agranulocytose, au vu des principales données disponibles mi-2026 ?

La clozapine (Leponex° ou autre) est un neuroleptique dit atypique autorisé en dernier recours chez des patients schizophrènes et dans les troubles psychotiques chez des patients atteints de la maladie de Parkinson (1). C'est le neuroleptique le plus souvent impliqué dans des agranulocytoses. La clozapine entraîne des neutropénies qui évoluent rapidement vers une agranulocytose si le médicament n'est pas arrêté immédiatement (2). Il semble que le mécanisme soit d'origine immunoallergique et susceptible de survenir de manière imprévisible, la plupart du temps au cours des 3 à 6 premiers mois de traitement, mais parfois après plusieurs années. Les agranulocytoses ne dépendent pas de la dose, ou peu (2,3). Par ailleurs, plusieurs études ont montré un risque de pneumonies ou d'autres infections plus grand avec la clozapine qu'avec d'autres neuroleptiques (4à6).

Fin 2025, le résumé des caractéristiques (RCP) français des spécialités à base de clozapine a été modifié, avec un allègement de la surveillance de la numération formule sanguine chez les patients traités (a)(7,8). Cette surveillance devient trimestrielle après 1 an sans neutropénie et annuelle après 2 ans sans neutropénie. Et la surveillance dans les 4 semaines suivant l'arrêt de la prise de clozapine n'est plus mentionnée (7,9). D'autres pays de l'Union européenne comme la Belgique et la Suisse ont aussi allégé les modalités de surveillance de la numération formule sanguine chez les patients qui reçoivent de la clozapine (10,11).

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