Dépistage de l'hépatite C

Inviter les patients à s'interroger sur d'éventuelles situations à risque, y compris anciennes
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Les questions clés

  • En France, le dépistage ciblé de l'hépatite C est-il efficient ?

  • Si tel n'est pas le cas, comment mieux atteindre les personnes porteuses du virus ?

L'hépatite C est une infection virale transmise principalement par voie sanguine, plus rarement par voie sexuelle (1,2). En l'absence de traitement, la majorité des personnes atteintes restent porteuses du virus de l'hépatite C (VHC), qu'elles peuvent transmettre, et ont une hépatite chronique souvent asymptomatique. Chez environ un patient sur cinq, cette hépatite évolue au bout de 20 ans vers une affection grave du foie, notamment une cirrhose, voire un carcinome hépatocellulaire, à l'origine d'une mort précoce (1).

Des antiviraux à action directe ont été mis sur le marché en 2014. Ils font disparaître le virus en quelques semaines chez plus de 95 % des patients, et diminuent de façon importante la fréquence des complications et la mortalité liées à l'hépatite C, avec des effets indésirables le plus souvent acceptables (2à6).

En France, l'hépatite C n'est pas une infection fréquente, sauf parmi certains groupes à risque (voir l'infographie "Situations à risque d'infection par le virus de l'hépatite C (VHC)") (1). Au début des années 2000, malgré l'absence de preuve qu'un dépistage diminue la mortalité, la Haute autorité de santé (HAS) française et divers guides de pratique clinique étatsuniens et européens ont recommandé un dépistage ciblé de l'hépatite C chez les personnes les plus à risque d'être porteuses du VHC, dans le but de diminuer la circulation de ce virus. La répétition de ce dépistage était préconisée en cas de persistance de pratiques à risque (1,7).

Le dépistage de l'hépatite C repose sur la détection des anticorps anti-VHC dans le sang par des tests dont la sensibilité et la spécificité sont proches de 100 % (1). En cas de présence d'anticorps anti-VHC, l'atteinte hépatique et notamment le degré de fibrose sont estimés par des tests le plus souvent non invasifs (1). Même chez des personnes dont l'hépatite C n'aurait pas eu de conséquence néfaste sur leur santé, le traitement a peut-être un avantage collectif, en réduisant le risque de transmission à d'autres personnes, notamment celles de leur entourage (1).

La conjonction d'un dépistage performant et de traitements efficaces a conduit en 2016 l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à encourager les pays membres à tendre vers l'élimination de l'hépatite C d'ici 2030, en visant notamment le diagnostic de 90 % des personnes infectées et une réduction de 65 % de la mortalité liée au VHC (2,8,9).

En France, le dépistage ciblé de l'hépatite C est-il efficient ? Si tel n'est pas le cas, comment mieux atteindre les personnes porteuses du virus ?

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