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Politique de santé mentale : l'offensive de la neurobiologie

Le lobbying des firmes pharmaceutiques auprès des responsables politiques est bien connu et établi. Ces mêmes politiques sont aussi la cible d'autres acteurs de la santé. Dans le domaine de la santé mentale, l'exemple de la fondation FondaMental a été méticuleusement analysé (1)

Des repères pour aider les patients à retenir ou à écarter une application numérique en santé

De très nombreuses applications numériques dans le domaine de la santé sont à disposition des patients et plus largement des utilisateurs de smartphones. Elles peuvent être téléchargées en ligne sur internet, à partir de catalogues d'applications sur smartphones, ou encore à partir de Mon Espace Santé. Ces applications recueillent des données personnelles qui peuvent être sensibles. Ces données sont fournies par les utilisateurs eux-mêmes (suivi du cycle menstruel par exemple), ou créées par des dispositifs médicaux (DM) (mesure de la glycémie ou observance des traitements, par exemple) ou d'autres objets (montre connectée, écran ou appareil photo du smartphone, par exemple) et par diverses données de connexion ou d'interconnexion (telles que la géolocalisation ou à terme l'interconnexion des données au sein de Mon Espace Santé). Les données de santé recueillies sont parfois partagées avec des professionnels de santé (lire l'encadré "C'est-à-dire ? Données personnelles de santé et consentement à leur utilisation") (1à6)

Applications numériques pour le suivi des cycles menstruels : des enjeux et des limites

De très nombreuses femmes dans le monde utilisent des applications numériques en santé, principalement pour le suivi des cycles menstruels, voire pour tenter de contrôler leur fertilité, avec recueil de données sensibles voire intimes (date des règles, symptômes, aspect de la glaire cervicale, désir sexuel, rapports sexuels, poids, contraception, etc.) (1). Ce marché mondial de la "FemTech" (contraction des mots anglais "female" et "technology"), en plein essor, est estimé à près de 70 milliards de dollars en 2025 (2)

Étendre les délais de péremption des médicaments : un enjeu économique et écologique

Les composants d'un médicament se dégradent plus ou moins rapidement au cours du temps et en fonction des conditions de conservation, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la qualité du médicament, son efficacité, la quantité de substances actives et la sécurité des patients. Les principaux facteurs d'instabilité sont l'exposition à une température inadaptée, à l'humidité, à la lumière et à l'oxygène (1,2). Le délai de péremption d'un médicament est un délai, après sa fabrication, au bout duquel la firme s'est assurée qu'il est encore stable et utilisable lorsqu'il a été conservé dans des conditions, notamment de température et d'humidité, définies lors des études. Une date de péremption est attribuée pour chaque lot de médicaments fabriqué. Une fois cette date atteinte, les médicaments sont considérés comme impropres à l'utilisation et à sortir des stocks des pharmacies d'officine, hospitalières, des firmes, des grossistes, des stocks d'État et des armoires à pharmacie à domicile. Ils doivent alors être éliminés (3,4)

Extension du dépistage néonatal biologique : 16 maladies recherchées

En France, le dépistage biologique de la drépanocytose est effectué chez tous les nouveau-nés depuis 2024 (1). La drépanocytose est la maladie génétique la plus fréquente en France, avec des complications cliniques parfois graves, notamment infectieuses. Son dépistage permet une attention précoce qui devrait contribuer à une réduction de la mortalité dans la petite enfance. Le coût d'un tel dépistage, dit universel, est censé ne pas dépasser celui de la prise en charge médicale de patients non repérés par un dépistage ciblé (2)

Biais sexistes et ethniques aux urgences

Le tri des patients à l'arrivée dans les services d'urgence se fonde notamment sur les plaintes principales exprimées et les signes de dangers vitaux observés. Malgré l'utilisation d'échelles de triage, des disparités persistent en matière de délais d'attente, certaines en fonction du genre et de l'origine ethnique supposée. Une étude a évalué l'influence de ces biais sexistes et ethniques dans le triage des patients aux urgences (1)

Haute autorité de santé (HAS) : rempart contre des dispositifs médicaux mal évalués

Fin 2023, en France, le fabricant Philips a saisi le Conseil d'État afin qu'il annule le refus ministériel d'inscrire au remboursement son ventilateur Dreamstation Bipap autosv°, un dispositif médical (DM) commercialisé dans certaines apnées du sommeil. Ce refus était basé sur un avis publié en juin 2023 par la Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts), la commission de la Haute autorité de santé (HAS) qui étudie les demandes de prise en charge par la Sécurité sociale des DM (1,2)

Dispositifs médicaux : une agence européenne centralisée, vite !

En juillet 2025, les autorités nationales chargées des produits de santé de 17 pays de l'Union européenne ont appelé à la création d'une agence européenne centralisée des dispositifs médicaux (DM). Selon elles, cela renforcerait la coopération entre pays, en conjuguant leurs actions de vigilance et d'évaluation des risques dans un marché toujours plus complexe. Et permettrait ainsi de mieux protéger les patients, de gagner en efficience pour les États, et d'alléger les contraintes administratives pour les firmes (1). L'espoir suscité par cette prise de position remarquable a aussitôt été déçu par l'annonce par la Commission européenne d'une réforme à contre-courant

Emmanuelle Cartron : « Notre objectif est de former des infirmières en capacité de s'appuyer sur des données probantes »

Emmanuelle Cartron a obtenu son diplôme d'État infirmier en 2005. Elle a soutenu un doctorat en santé publique en 2020. Elle est aujourd'hui professeure des universités en sciences infirmières à Université Paris Cité et rédactrice en chef de la revue "Recherche en soins infirmiers"

Nouvelles DCI : un indicateur des médicaments en cours de développement

Les dénominations communes internationales (DCI) des médicaments sont établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les firmes pharmaceutiques demandent une DCI quand des résultats du début du développement clinique d'une substance (essais de phase I ou II) paraissent compatibles avec l'éventualité d'une future autorisation de mise sur le marché. L'équipe du programme des DCI de l'OMS a recherché, sur la période 1953-2022, des tendances dans les diverses DCI attribuées aux médicaments effectivement autorisés. Pour cela, elle a exploré les bases de données DrugBank et Cortellis. Elle a ensuite réparti les DCI en 12 groupes pharmacothérapeutiques, pour tirer un bilan des DCI attribuées par l'OMS en 70 ans (1)

Le traitement des cancers, objet de dérives sectaires

Depuis les années 1980, le recours à des pratiques alternatives à la médecine dite conventionnelle est de plus en plus fréquent dans les cancers. D'abord avec la promesse de prétendus « traitements miracles » et désormais lors de l'intégration de certains soins dits de support dans le parcours de soins. Des patients espèrent ainsi réduire les effets indésirables du traitement conventionnel, le rendre plus efficace, ou renforcer leurs défenses immunitaires (1)

Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan actualisé

Pour la quatorzième année consécutive, Prescrire publie un bilan des médicaments à écarter pour mieux soigner (1,2). Ce bilan recense de manière documentée des médicaments plus dangereux qu'utiles, avec pour objectif d'aider à choisir des soins de qualité, de ne pas nuire aux patientes et aux patients et d'éviter des dommages disproportionnés. Il s'agit de médicaments (dans de rares cas, seulement une forme ou un dosage particulier) à écarter des soins dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l'Union européenne.