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Pilule d'Or Prescrire 2017

Le Palmarès 2016 des médicaments

Le Palmarès 2016 des médicaments de Prescrire


Le Palmarès 2016 des médicaments
présentés dans Prescrire
durant l'année 2016

Voir aussi :
L'année 2016 du médicament :
un système qui favorise l'imitation
plutôt que la recherche de réels progrès

Rev Prescrire 2017 ; 37 (400) : 132-136.
> Pdf, accès libre


     Pilule d'Or

Depuis 1981, la "Pilule d'Or" est attribuée aux médicaments qui constituent un progrès thérapeutique décisif dans un domaine où patients et soignants étaient totalement démunis.

La Pilule d'Or n'est pas attribuée en 2016
Pour tous les lauréats de la Pilule d'Or Prescrire 1981-2016, cliquez ICI.


Tableau d'honneur 2016

Les médicaments sont inscrits au "Tableau d'honneur" parce qu'ils apportent un progrès net pour certains patients par rapport aux moyens thérapeutiques déjà disponibles, avec certaines limites.

Aucune inscription au Tableau d'honneur en 2016



Cités au Palmarès 2016

Les médicaments "Cités au Palmarès" contribuent à améliorer, modestement, les moyens de prise en charge des patients.

OPDIVO° (nivolumab)
Bristol-Myers Squibb Mélanome métastasé ou inopérable sans mutation BRAF V600 (n° 393) et cancer bronchique non à petites cellules métastasé ou inopérable (n° 397)
MEKINIST° (tramétinib) Novartis Pharma Mélanome métastasé ou inopérable avec mutation BRAF V600, en association avec le dabrafénib (n° 393)

À propos du Palmarès 2016 des médicaments
Chaque mois, la Rédaction de Prescrire présente une analyse comparative et méthodique des données disponibles sur : les nouveaux médicaments autorisés, les nouvelles indications thérapeutiques autorisées pour des médicaments déjà commercialisés, et les nouvelles présentations de médicaments existants. L'objectif est de distinguer parmi la masse des nouveautés commerciales, ce qui mérite d'être ajouté en pratique à la liste des moyens thérapeutiques utiles, ou de remplacer d'anciens médicaments pour mieux soigner. Mais aussi de signaler les nouveautés qui sont à écarter.

Ce travail est mené selon des procédures rigoureuses, détaillées > ICI, et en introduction du
> Bilan 2017 des médicaments à écarter

Ces procédures incluent notamment une recherche documentaire méthodique, une relecture critique par un groupe de relecteurs spécifique pour chaque projet de synthèse, et divers contrôles qualité vérifiant notamment la cohérence du texte avec l'ensemble des données.

En toute indépendance
Ce travail est mené par la Rédaction de Prescrire en totale indépendance vis-à-vis des firmes et des institutions, son financement reposant exclusivement sur les abonnés, sans subvention ni publicité. La publication du bilan financier annuel de Prescrire, dans chaque numéro du mois de mars, témoigne de cette indépendance. > Bilan financier annuel de Prescrire

En fin d'année, le Palmarès des médicaments est élaboré à partir des synthèses publiées dans Prescrire au cours de l'année, et à la lumière d'éventuelles nouvelles données disponibles depuis la publication. Le progrès primé dans ce Palmarès peut consister en un supplément d'efficacité, une moindre fréquence ou une moindre gravité des effets indésirables (à efficacité similaire), ou la possibilité d'utiliser un médicament utile de manière plus sûre ou plus pratique.

En 2016, deux médicaments "Cités au Palmarès"
Cette année, le Palmarès des médicaments prime deux médicaments parmi ceux dont l'analyse du dossier d'évaluation clinique a été publiée en 2016 dans Prescrire.

Aucun médicament n'a apporté un progrès assez décisif pour justifier l'attribution d'une "Pilule d'Or", ni même une citation au "Tableau d'honneur".

Les deux médicaments primés, tous deux "Cités au Palmarès", sont autorisés en cancérologie. Ils ont un effet démontré pour allonger la durée de vie, en moyenne de quelques mois, mais avec de nombreux effets indésirables graves dont quelques-uns sont parfois mortels.

Nivolumab (Opdivo°) en monothérapie chez certains patients
atteints d'un mélanome ou d'un cancer bronchique
Le nivolumab est un anticorps monoclonal qui stimule notamment l'activité des lymphocytes T, et ainsi l'immunité contre les cellules tumorales.

Dans un essai chez des patients atteints d'un mélanome métastasé ou inopérable dont la tumeur ne comportait pas la mutation BRAF V600 et pas encore traités à ce stade de la maladie, le nivolumab a eu une efficacité nettement plus importante que la dacarbazine (Deticene° ou autre), avec une proportion de patients en vie après 1 an estimée à environ 70 % versus environ 40 %. Cette évaluation est toutefois encore fragile en 2016, notamment parce que la dacarbazine, utilisée en Europe jusqu'au début des années 2010, n'a pas d'effet démontré dans des essais comparatifs sur la durée de vie. Des comparaisons directes à l'ipilimumab (Yervoy°), un autre immunostimulant, permettraient de mieux cerner la place du nivolumab dans le traitement de ces cancers.

Chez les patients atteints d'un cancer bronchique non à petites cellules métastasé ou inopérable, et qui ont déjà reçu une chimiothérapie comportant un sel de platine, le nivolumab a allongé la durée médiane de survie d'environ 3 mois et la proportion de patients en vie à 1 an d'environ 15 % par rapport au docétaxel (Taxotere° ou autre), avec plutôt moins d'effets indésirables graves, dans deux essais cliniques randomisés non aveugles aux résultats concordants.

Le nivolumab expose à des effets indésirables, généralement d'origine immunologique, très divers et parfois graves, notamment : éruptions cutanées, pneumopathies interstitielles, augmentations des enzymes hépatiques et hépatites, dysthyroïdies, neuropathies et encéphalites. S'agissant d'une nouvelle famille de médicaments, son profil d'effets indésirables est encore largement à découvrir.

Tramétinib (Mekinist°) associé avec le dabrafénib chez certains patients atteints d'un mélanome
Chez les patients atteints d'un mélanome métastasé ou inopérable, pas encore traités à ce stade de la maladie et dont la tumeur comporte la mutation BRAF V600, deux essais aux résultats concordants ont montré qu'ajouter en première ligne le tramétinib, un inhibiteur de kinases du système MEK, au dabrafénib (Tafinlar°), un inhibiteur de la protéine BRAF anormale, prolonge la durée de vie d'environ 7 mois en moyenne par rapport à une monothérapie par un inhibiteur de la protéine BRAF. L'association expose les patients à un surcroît d'effets indésirables graves, dont des insuffisances cardiaques, des thromboses veineuses profondes, des hémorragies, des neutropénies, des perforations digestives. Un progrès avec le tramétinib en monothérapie n'est pas démontré.

En 2016, encore peu de progrès
En 2016, quelques avancées en cancérologie mises en avant dans ce Palmarès sont à retenir, mais elles restent ponctuelles et sans commune mesure avec les annonces, ni avec les prix exorbitants réclamés par les firmes pour les médicaments des cancers.

> Télécharger le règlement complet des Palmarès Prescrire (pdf)

©Prescrire Février 2017

"Les Palmarès Prescrire 2016" Rev Prescrire 2017 ; 37 (400) : 84-88. (pdf, accès libre)

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