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Pilule d'Or Prescrire 2016

Le Palmarès 2015 des médicaments

Le Palmarès 2015 des médicaments de Prescrire

Le Palmarès des médicaments
porte sur les médicaments présentés
dans le "Rayon des Nouveautés"
durant l'année 2015.


Voir aussi :
L'année du médicament : peu de progrès, et des menaces sur l'accès pour tous à des soins de qualité

Rev Prescrire 2016 ; 36 (388) : 132-137.
> Pdf, accès libre


     Pilule d'Or

Depuis 1981, la "Pilule d'Or" est attribuée aux médicaments qui constituent un progrès thérapeutique décisif dans un domaine où patients et soignants étaient totalement démunis.

Pas de Pilule d'Or en 2015
Pour tous les lauréats de la Pilule d'Or Prescrire 1981-2015, cliquez ICI.

 

    Tableau d'honneur 2015

Les médicaments sont inscrits au "Tableau d'honneur" parce qu'ils apportent un progrès net pour certains patients par rapport aux moyens thérapeutiques déjà disponibles, avec certaines limites.

HEMANGIOL°
(propranolol solution buvable)
Pierre Fabre Hémangiomes graves des nourrissons (n° 378)

 

        
   Cités au Palmarès 2015

Les médicaments "cités au Palmarès" contribuent à améliorer, modestement, les moyens de prise en charge des patients.

TOPISCAB°
(perméthrine crème à 5 %)
Codexial Dermatologie Gale dès l'âge de 2 mois
(n° 384)
KÉTOCONAZOLE HRA° (kétoconazole) HRA Pharma Syndrome de Cushing endogène
(n° 386)

 

À propos du Palmarès 2015 des médicaments
Chaque mois, la Rédaction de Prescrire présente une analyse comparative et méthodique des données disponibles sur les nouveaux médicaments commercialisés et sur de nouvelles indications thérapeutiques. L'objectif est de distinguer parmi la masse des nouveautés commerciales et le "bruit" promotionnel, ce qui mérite d'être ajouté en pratique dans la liste des moyens thérapeutiques à utiliser, ou de remplacer d'anciens médicaments pour mieux soigner. Mais aussi de signaler les nouveautés qui sont à écarter.

Ce travail est mené selon des procédures rigoureuses, détaillées > ICI.

Ces procédures incluent notamment une recherche documentaire méthodique, le recours à un groupe de relecteurs, spécifiques pour chaque projet de synthèse, et divers contrôles qualité vérifiant la cohérence du texte avec l'ensemble des données référencées.

En toute indépendance
Ce travail est mené par la Rédaction de Prescrire en totale indépendance vis-à-vis des firmes et des institutions : son financement repose exclusivement sur les abonnés, sans subvention ni aucun fonds publicitaire.

La publication du bilan financier annuel de Prescrire, disponible ICI, témoigne de cette indépendance.

En fin d'année, le Palmarès des médicaments est élaboré à partir des synthèses publiées dans Prescrire au cours de l'année, et à la lumière de l'évolution des données disponibles depuis la publication.

L'amélioration primée dans ce Palmarès peut consister en un supplément d'efficacité, une moindre fréquence ou une moindre gravité des effets indésirables (à efficacité similaire), ou la possibilité d'utiliser le médicament plus facilement ou plus sûrement.

Le règlement du Palmarès des médicaments est disponible ici :
> Télécharger le règlement complet des Palmarès Prescrire (pdf)

Pas de Pilule d'Or en 2015
Cette année, le Palmarès des médicaments prime trois médicaments parmi ceux dont l'analyse a été publiée en 2015 dans Prescrire, mais aucun médicament n'a constitué un progrès assez décisif pour justifier l'attribution d'une Pilule d'Or. Les trois médicaments primés (un au Tableau d'honneur, deux Cités au Palmarès) ne sont pas des nouvelles substances. Mais dans la situation clinique dans laquelle ils sont devenus autorisés, ils sont un progrès par rapport aux autres médicaments déjà disponibles.

Propranolol buvable et hémangiomes graves : découverte fortuite, puis développement d'une forme pédiatrique
Certains nourrissons sont atteints d'un hémangiome grave, à risques de complications liées à sa taille et à sa localisation, d'ulcérations, d'hémorragies ou de cicatrices inesthétiques. Dans cette situation, le propranolol buvable est devenu le médicament de premier choix. Plus efficace qu'un placebo, son profil d'effets indésirables est globalement plus acceptable que celui d'un corticoïde oral au long cours. La mise en route du traitement et les augmentations de doses sont à faire à l'hôpital, avec une surveillance attentive des enfants. Le propranolol buvable est autorisé dans l'Union européenne dans le cadre d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) exclusivement pédiatrique. Son conditionnement est adapté pour sécuriser son emploi et la préparation des doses.

Perméthrine et gale, kétoconazole et Cushing : AMM bienvenues
Dans la gale commune, la perméthrine en crème à 5 % est enfin devenue accessible en France dans le cadre d'une AMM avec mise à disposition en ville et remboursable par la Sécurité sociale. Son intérêt réside surtout chez les jeunes enfants, l'ivermectine n'étant pas autorisée chez les enfants pesant moins de 15 kilos.

Dans le syndrome de Cushing endogène, une maladie rare mais grave, l'utilisation hors AMM depuis une trentaine d'années du kétoconazole oral a été enfin régularisée par une AMM. Dans cette situation, le kétoconazole oral semble efficace chez plus de la moitié des patients selon des séries non comparatives chez 800 patients, mais son utilisation est délicate en raison de son hépatotoxicité et de son potentiel élevé d'interactions médicamenteuses.

Peu de progrès
En 2015, les progrès thérapeutiques notables ont été peu nombreux en regard des nouvelles AMM accordées. Savoir trier parmi les nombreux médicaments disponibles, repérer ceux qui ont la balance bénéfices-risques la plus favorable dans une situation donnée, savoir écarter les médicaments plus dangereux qu'utiles est aussi un champ où d'importants progrès pour les patients sont possibles.

> Lire "Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2016" 

Les autorités de santé ont à réviser à la hausse leurs exigences en termes de preuves de progrès thérapeutique afin d'éviter l'arrivée massive sur le marché de médicaments sans intérêt pour les soins, voire plus dangereux qu'utiles. Avec toutes les dérives que cela comporte en termes de promotion auprès des soignants et des patients, d'incitation à la prescription et à l'achat, et de dépenses de santé.

©Prescrire Février 2016

"Les Palmarès Prescrire 2015" Rev Prescrire 2016 ; 36 (388) : 85-88. (pdf, accès libre)