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Avant la conception, pendant la grossesse et juste après la naissance : des moments-clés pour repérer les vulnérabilités

En France, la santé périnatale est source de préoccupations : la mortalité infantile est en hausse depuis 2012 ; de nombreux enfants sont à la rue avec leurs mères ; la première cause de mortalité maternelle est le suicide ; entre 10 et 20 % des mères souffrent de dépression du post-partum (1à3). En 2020, le rapport des "1 000 premiers jours" a conduit à renforcer l'attention des professionnels face aux risques accrus autour de la naissance d'un enfant et à mettre en place différentes mesures (a). C'est le cas notamment de l'entretien postnatal précoce et de la création d'un congé supplémentaire de naissance, différent du congé parental (b)(4)

Epi-Phare : épidémiologie des produits de santé en France, dans l'intérêt des patients

Dans la bande dessinée "Mediator. Un crime chimiquement pur", on voit Irène Frachon, pneumologue, s'exclamer : « C'est le Père Noël ! » quand elle apprend, en 2009, alors que le benfluorex (ex-Mediator°) n'est toujours pas retiré du marché français, qu'un médecin de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) accepte confidentiellement d'étudier les risques de cet anorexigène à partir des données de la CNAM, portant sur des millions de patients (1). Ce médecin a joué un rôle décisif en montrant, sans attendre une mobilisation de sa hiérarchie, un risque de chirurgie pour remplacement valvulaire cardiaque environ 4 fois plus grand en cas d'exposition au benfluorex (1,2). Prescrire salue alors « un exemple d'exploitation des données de l'assurance maladie bienvenue dans l'intérêt des patients » (2)

Haltes soins addictions : nouveau sursis et énième évaluation attendue en 2027

Mise en place pour six ans, à partir de 2016, l'expérimentation nationale des haltes soins addictions a été prolongée une première fois en 2022 jusqu'en 2025, puis une deuxième fois, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, jusqu'au 31 décembre 2027 (1,2). En 2026 y participent les salles Jean-Pierre Lhomme (à Paris) et Argos (à Strasbourg). Un arrêté prolonge jusqu'à fin 2027 la désignation respective des associations Gaïa et Ithaque pour les gérer (1,3). Ces dernières années, de nombreuses instances officielles ont évalué les haltes soins addictions et conclu à leur utilité (1,4)

Mésothéliomes et cancers de la vessie chez les pompiers et certains militaires : penser aux maladies professionnelles

En 2022, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé l'activité de pompier comme exposant à un risque cancérogène avéré, sur la base d'un excès de risque de mésothéliomes et de cancers de la vessie. Selon le CIRC, le risque de mésothéliomes est vraisemblablement lié à l'exposition à l'amiante, et celui de cancers de la vessie à l'exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques et à la suie (1)

Santé publique France : un démantèlement politique

En France, au motif d'« efficacité », le gouvernement a lancé divers projets de fusion ou de suppression d'agences de santé (1). Santé publique France est ainsi appelée à disparaître sous sa forme actuelle, dès 2027 (2)

Financiarisation de la santé

Un pied dans l'officineCes dernières années, dans les pays occidentaux et notamment en France, des prises de participations financières se sont développées dans diverses activités de soins : cliniques privées, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), laboratoires d'analyses médicales, centres de santé, etc. Elles sont le fait d'opérateurs financiers, notamment de fonds d'investissement entrant dans le capital d'entreprises non cotées en bourse, avec un objectif principal de profits. Ce phénomène est appelé la financiarisation des soins (lire l'encadré "Un manque de données sur la financiarisation des soins") (1à3)

Environnement, santé humaine : même combat

La santé des êtres vivants et celle des écosystèmes sont étroitement liées. Cela plaide pour une approche globale relayée sous le concept "One Health" par de nombreux acteurs, par exemple en France par l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) (1). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) en est venue à définir la santé environnementale comme « l'ensemble des aspects de la santé humaine déterminés par des facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement » (2,3)

Les médicaments de la soumission chimique

La soumission chimique est apparue au premier plan du débat public lors de mouvements de libération de la parole de victimes de violences sexuelles ou lors de procès retentissants dans les années 2020, tels que celui dit des viols de Mazan (lire aussi "Inimaginable") (1à4). Ces actes sont difficiles à quantifier, et certainement sous-estimés, en raison du manque persistant de sensibilisation d'une grande partie de la population et des soignants à ce sujet, de l'amnésie et des autres troubles qu'ils peuvent provoquer chez les victimes, de l'élimination rapide par l'organisme de certaines substances administrées chez les victimes, du manque d'organisation standardisée dans la prise en charge sur le territoire, ou encore de l'intention criminelle des agresseurs (1,5). Le fait que les substances utilisées, au premier rang desquelles l'alcool, peuvent varier d'un pays voire d'une région à l'autre, ajoute à la difficulté de comparaison territoriale (2,5)

Compléments alimentaires : des dérives préoccupantes

Fin 2025, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) a rapporté les résultats d'une enquête menée sur le marché des compléments alimentaires en France. Elle s'est notamment intéressée aux produits destinés aux enfants, et ceux à base de levure de riz rouge dont l'encadrement réglementaire a été renforcé (1,2)

Aide médicale de l'État : un dispositif de santé publique à protéger

En octobre 2025, Prescrire a cosigné une tribune rappelant l'importance du dispositif d'Aide médicale de l'État (AME) pour la santé publique et dénonçant deux projets de décrets visant à l'affaiblir (1)

Inclure l'accès aux médicaments dans les accords commerciaux entre pays

En février 2026, Prescrire a cosigné un communiqué, avec près de cent organisations de différents pays dans le monde, rappelant les grands principes à respecter pour favoriser l'accès aux médicaments dans les accords commerciaux entre pays. Cela fait suite aux pressions commerciales exercées par l'administration Trump sur d'autres pays, afin de conclure des accords commerciaux bilatéraux qui placent les intérêts des firmes au-dessus des besoins en santé