Syndrome du canal carpien et chirurgie

Plus efficace qu'une infiltration de corticoïde en cas de gêne importante, surtout avec déficit sensitif sévère
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La question clé

Selon ces nouvelles données d'évaluation, dans le syndrome du canal carpien quel traitement a la balance bénéfices-risques le plus favorable entre l'infiltration de corticoïde et la chirurgie ?

Un syndrome du canal carpien est causé par la compression du nerf médian au niveau du poignet. Il se manifeste en général par des fourmillements, des engourdissements ou des douleurs, surtout la nuit, au niveau des 3 ou 4 premiers doigts de la main (voir les schémas "Canal carpien" et "Territoire sensitif du nerf médian" ci-dessous). Il touche surtout des adultes, en particulier des femmes. Certains patients ont une diminution de la sensibilité ou de la force des muscles d'opposition du pouce, voire une atrophie de ces muscles à la base palmaire du pouce (éminence thénar). Un électromyogramme est parfois utile, notamment en cas de doute pour différencier un syndrome du canal carpien d'autres affections neurologiques, ou pour confirmer un déficit sensitif ou moteur dans le territoire du nerf médian (1,2).

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Les options de traitement sont : le port d'une attelle, une infiltration de corticoïde à proximité du nerf médian atteint, ou une chirurgie consistant en une section complète du ligament annulaire du carpe (1,2). Les corticoïdes en infiltration dans le canal carpien exposent surtout à des douleurs ou à un gonflement local, ainsi qu'à de rares ruptures des tendons fléchisseurs des doigts et de rares lésions du nerf médian. Le risque d'infection justifie une asepsie rigoureuse lors de la réalisation de ce geste (1,3). En plus des effets indésirables de l'anesthésie, la chirurgie du canal carpien expose à des effets indésirables qui dépendent de l'expérience du chirurgien et de la technique chirurgicale employée. Il s'agit notamment de : paralysies transitoires dans le territoire du nerf médian, paresthésies, œdèmes, infections, hématomes, algodystrophies, cicatrices hypertrophiques (1,2).

Selon une synthèse méthodique d'un groupe du Réseau Cochrane publiée en 2024, une chirurgie d'emblée ne semblait ni plus ni moins efficace qu'une infiltration de corticoïde pour soulager les patients souffrant d'un syndrome du canal carpien sans déficit sensitif ni moteur (2).

Notre veille documentaire a repéré une nouvelle synthèse méthodique d'un autre groupe du Réseau Cochrane sur le même sujet portant sur un plus grand nombre d'essais, et un vaste essai randomisé supplémentaire publié après cette synthèse ayant comparé infiltration de corticoïde versus chirurgie chez des patients atteints d'un syndrome du canal carpien (a)(4,5).

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