Traitement d'une épistaxis persistante

Conseils pratiques pour réaliser un tamponnement antérieur
quiz

La question clé

Quelles sont les différentes étapes pour effectuer un tamponnement antérieur d'une épistaxis ?

L'épistaxis, alias saignement de nez, est une affection fréquente, le plus souvent bénigne (1). Environ 90 % des épistaxis proviennent de la partie antérieure de la cavité nasale, au niveau d'une zone appelée tache vasculaire. Cette zone correspond aux anastomoses de nombreux petits vaisseaux sanguins (voir le schéma 1 "Vascularisation de la cloison nasale") (1à3).

Les épistaxis antérieures sont souvent liées à un air sec, une irritation, une inflammation de la muqueuse nasale ou un traumatisme mineur, notamment l'introduction d'un corps étranger dans les fosses nasales. Un trouble de la coagulation ou la prise d'un médicament anticoagulant sont parfois en cause et, plus rarement, un traumatisme important, une tumeur, d'autres médicaments tels que les antiagrégants plaquettaires et les corticoïdes en pulvérisations nasales (a)(1,2,4).

Pour faire cesser une épistaxis, la première mesure est d'évacuer les caillots par mouchage, puis de comprimer les deux narines au niveau du tiers inférieur du nez, pendant 10 minutes, en restant assis, la tête légèrement penchée en avant (1,4à7). La plupart des épistaxis s'arrêtent spontanément ou avec ces mesures de compression (6).

Lorsque l'épistaxis persiste après 10 minutes de compression, un examen des cavités nasales vise à déterminer l'origine du saignement. Cet examen se fait avec un spéculum nasal et une source lumineuse telle qu'une lampe frontale ou un miroir frontal pour visualiser la tache vasculaire. À défaut, un otoscope permet de visualiser au moins le premier tiers de la cavité nasale (2,4,5).

L'origine antérieure ou postérieure du saignement est parfois difficile à déterminer (2,8). Une origine postérieure est à évoquer quand, durant la compression, il persiste un écoulement de sang par une narine ou dans le pharynx, ou quand un écoulement de sang est observé dans le pharynx alors qu'aucun saignement antérieur n'est visualisé (5,8).

En cas d'échec d'une compression nasale prolongée pendant au moins 10 minutes, lorsque l'origine du saignement est bien visualisée et provient de la tache vasculaire, des techniques de cautérisation au nitrate d'argent ou électrique sont utilisées, le plus souvent par un spécialiste en ORL ou dans un service d'urgences (1,2,4,6). En l'absence de visualisation de l'origine du saignement, notamment quand le saignement gêne l'examen, ou en cas d'échec de la cautérisation, ou si le praticien n'est pas en mesure de la pratiquer, un tamponnement antérieur est alors réalisé (1,4,5).

La suite est réservée à nos abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Faites le choix de l'indépendanceet accédez à tous nos contenusà partir de 19€ par mois Abonnez-vous