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Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan actualisé

Pour la quatorzième année consécutive, Prescrire publie un bilan des médicaments à écarter pour mieux soigner (1,2). Ce bilan recense de manière documentée des médicaments plus dangereux qu'utiles, avec pour objectif d'aider à choisir des soins de qualité, de ne pas nuire aux patientes et aux patients et d'éviter des dommages disproportionnés. Il s'agit de médicaments (dans de rares cas, seulement une forme ou un dosage particulier) à écarter des soins dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l'Union européenne.

Vague de chaleur : réévaluer certains traitements médicamenteux

La répétition de vagues de chaleur, avec des températures très élevées, est prévisible en France. Se protéger de la chaleur, boire abondamment et limiter l'exercice physique font partie des mesures préventives pour réduire les risques de déshydratation et de coup de chaleur qui augmentent en cas de fortes chaleurs. Une attention particulière est à porter aux personnes fragilisées, que ce soit en raison de leur âge ou de leur état de santé : nourrissons et jeunes enfants ; personnes âgées ; patients atteints notamment de maladie mentale ou cardiaque, d'hypertension artérielle ou de diabète.

Huile essentielle d'arbre à thé (tea tree) et acné

Une efficacité modeste, selon une évaluation fragileL'acné est fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes. Elle touche surtout le visage, les épaules et le tronc (1,2). Elle se manifeste principalement par deux types de lésions, liées notamment à la prolifération de la bactérie Propionibacterium acnes : des comédons (alias points noirs) et des lésions inflammatoires (papules, nodules et pustules). Bien que généralement sans gravité, l'acné a parfois des répercussions psychosociales importantes. Elle expose à des cicatrices (1,2)

Hydroxyzine : surcroît d'hospitalisations pour traumatismes ou troubles cardiovasculaires

L'hydroxyzine est un antihistaminique H1 sédatif et atropinique (1). Elle a un effet arythmogène, par allongement de l'intervalle QT de l'électrocardiogramme (ECG) (1). En France, elle a été mise sur le marché dans les années 1950, et est encore largement utilisée, avec 1,5 million de patients exposés en 2023 (2,3). Elle est autorisée dans l'anxiété mineure, la prémédication, le prurit, et, chez les enfants, dans certaines insomnies (4)

Antitumoraux : altérations des empreintes digitales

Les empreintes digitales, alias dermatoglyphes, correspondent à des plis, crêtes et sillons à la surface de la peau au niveau de l'extrémité des doigts. Elles sont spécifiques de chaque personne (1). Des altérations des empreintes digitales surviennent au cours de nombreuses affections cutanées telles que l'eczéma, le psoriasis ou des éruptions virales, quand elles touchent la face palmaire des doigts (2)

Expert minceur GLP-1° & Co : des compléments alimentaires aux noms trompeurs

En France, la firme Arkopharma commercialise le complément alimentaire Expert minceur° pour la « perte de poids naturelle », retrouvé sous le nom Expert minceur GLP-1° sur son site internet jusqu'à fin avril 2026. Au 27 mai 2026, c'est d'ailleurs sous ce nom, avec la mention "GLP-1", que ce produit reste promu sur les réseaux sociaux et vendu sur internet, dans certaines officines et parapharmacies au prix d'environ 30 € le flacon de 270 g de poudre (soit 30 doses) (1,2)

Clascotérone en crème (WINLEVI°) et acné

Le plus souvent, l'acné survient à l'adolescence. Elle affecte la peau du visage, des épaules et du tronc (1). Elle résulte, entre autres, d'une production accrue et d'une rétention du sébum sous l'action des androgènes. C'est une affection généralement bénigne, avec cependant parfois des conséquences psychologiques importantes et un risque de cicatrices. Elle est souvent atténuée par les estroprogestatifs contraceptifs oraux, mais parfois au contraire aggravée par ceux-ci. D'autres causes médicamenteuses d'acné sont notamment les androgènes ou une corticothérapie (1)

Antimigraineux anti-CGRP tels que l'érénumab ou le rimégépant : accidents cardiovasculaires

En 2026, une équipe a comparé une cohorte de 58 679 patients âgés de 18 à 64 ans, migraineux, nouvellement traités par un anti-CGRP tel que l'érénumab (Aimovig°) ou le rimégépant (Vydura°), à 841 691 patients migraineux non exposés, à partir de données d'une base d'assurance maladie étatsunienne, portant sur la période 2018-2023 (1)

Oxycodone : un bilan de l'usage en France

L'oxycodone est un agoniste des récepteurs centraux et périphériques aux opioïdes, classé parmi les antalgiques dits forts (1). En France, l'oxycodone est disponible depuis les années 1920, mais avant la commercialisation des comprimés d'Oxycontin LP° seule une forme suppositoires était commercialisée, sous un seul dosage à 20 mg (ex-Eubine°), d'utilisation peu pratique (2)

Les médicaments de la soumission chimique

La soumission chimique est apparue au premier plan du débat public lors de mouvements de libération de la parole de victimes de violences sexuelles ou lors de procès retentissants dans les années 2020, tels que celui dit des viols de Mazan (lire aussi "Inimaginable") (1à4). Ces actes sont difficiles à quantifier, et certainement sous-estimés, en raison du manque persistant de sensibilisation d'une grande partie de la population et des soignants à ce sujet, de l'amnésie et des autres troubles qu'ils peuvent provoquer chez les victimes, de l'élimination rapide par l'organisme de certaines substances administrées chez les victimes, du manque d'organisation standardisée dans la prise en charge sur le territoire, ou encore de l'intention criminelle des agresseurs (1,5). Le fait que les substances utilisées, au premier rang desquelles l'alcool, peuvent varier d'un pays voire d'une région à l'autre, ajoute à la difficulté de comparaison territoriale (2,5)