Mammographies de dépistage avant l’âge de 50 ans : plus de risques que de bénéfices

Le dépistage par mammographies vise à diminuer le risque de mourir d’un cancer du sein, mais aussi à soigner les femmes de manière moins agressive, en particulier en enlevant moins souvent le sein en entier. Chez les femmes âgées de moins de 50 ans sans risque accru de cancer du sein, ces espoirs sont déçus.

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Pas de preuve d’efficacité

Trois essais cliniques comparatifs ont étudié le dépistage systématique des cancers du sein par mammographies chez des femmes âgées de 40 à 49 ans sans risque particulier de cancer du sein. Même en combinant leurs résultats, ces essais n’ont pas montré que le dépistage diminue le risque de mourir d’un cancer du sein. Ces données ne concernent pas le cas particulier des familles à haut risque de cancer du sein.

Pas de fiabilité absolue

Dans les essais cliniques comparatifs, environ un quart des cancers du sein n’ont pas été détectés par le dépistage : des mammographies normales ne garantissent pas l’absence de cancer du sein.

Le plus souvent, les anomalies détectées par les mammographies de dépistage ne sont pas des cancers. Mais elles conduisent à des examens complémentaires, souvent avec des prélèvements de fragments du sein (biopsies à l’aiguille ou biopsies chirurgicales). D’après une étude, un suivi comprenant 4 mammographies et 5 dépistages par palpation inquiète à tort une femme sur 4 en détectant une anomalie qui n’est pas un cancer.

Un risque d’ablation inutile du sein

Certains cancers du sein n’ont aucune conséquence pour la santé. En l’absence de dépistage, les femmes atteintes n’en auraient jamais souffert, et seraient mortes pour d’autres raisons sans savoir qu’ils existaient. Ainsi, il est vraisemblable que la plupart des “cancers canalaires in situ” ne deviennent jamais dangereux pour la santé.

Mais on ne sait pas reconnaître les cancers du sein qui n’évolueront jamais. On les traite donc, sans que la femme en tire de bénéfice. Dans certains essais cliniques comparatifs, environ un quart des cancers du sein dépistés par mammographies ont ainsi abouti à des traitements inutiles.

Or pour traiter un cancer du sein, on enlève parfois le sein entier. Dans les essais comparatifs, le dépistage de cancers par mammographies a entraîné une augmentation des ablations totales du sein.

Autres risques

Une mammographie est parfois un peu douloureuse, notamment parce que l’appareil comprime les seins.

L’irradiation répétée des seins par les mammographies augmente le risque de cancers, surtout chez les femmes qui débutent le dépistage quand elles sont jeunes. Selon des estimations indirectes, sur 100 000 femmes commençant le dépistage à l’âge de 40 ans, les radiations provoqueraient 10 à 20 morts par cancer.

Des risques supérieurs aux bénéfices

Des études récentes basées sur des modélisations mathématiques n'apportent toujours pas de preuves d'efficacité de ce dépistage chez les femmes âgées de moins de 50 ans, et elles confirment les risques de biopsies et de traitements inutiles.

Au total, chez les femmes âgées de moins de 50 ans sans risque particulier de cancer du sein, les risques des mammographies de dépistage systématique des cancers du sein sont plus importants que leurs bénéfices potentiels, qui sont faibles et non démontrés.

Bibliographie

“Dépistage des cancers du sein. Pas de donnée probante incitant à débuter les mammographies dès l’âge de 40 ans ” Rev Prescrire 2024 ; 44 (494) : 926-927.“Diagnostics par excès des cancers du sein : quelle estimation ?” Rev Prescrire 2016 ; 36 (390) : 315-316.“Traitement des carcinomes canalaires in situ du sein” Rev Prescrire 2013 ; 33 (359) : 675-681.

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