Lécanémab (LEQEMBI°) et maladie d'Alzheimer débutante

Aucune efficacité clinique tangible et des effets indésirables graves avérés
quiz

Les questions clés

  • Chez les patients atteints d'une maladie d'Alzheimer débutante, le lécanémab est-il efficace pour ralentir le déclin cognitif ?

  • Permet-il aux patients de rester plus longtemps autonomes ?

  • Apporte-t-il un réel répit aux aidants ?

  • Quels sont ses effets indésirables ?

  • Dans quelle mesure sont-ils acceptables en regard de son éventuelle efficacité ?

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurologique dégénérative progressive qui touche surtout les adultes âgés de plus de 60 ans (1). Une démence se développe peu à peu avec détérioration des processus cognitifs et des capacités intellectuelles incluant la mémoire, le jugement, le langage, la communication et la pensée abstraite. Des troubles du comportement et des modifications de la personnalité surviennent au cours de l'évolution. La perte des capacités conduit à une dépendance complète. Cette maladie est lourde en raison de la perte d'autonomie, du poids pour l'entourage, des difficultés du maintien à domicile au-delà d'un certain stade (1).

L'espérance de vie est très variable, notamment selon l'âge et la perte d'autonomie au moment du diagnostic. Elle est en moyenne d'environ une dizaine d'années (2).

Surtout des soins autres que médicamenteux, malgré leurs limites

Début 2026, on ne connaît pas de traitement curatif de la maladie d'Alzheimer (2). L'essentiel des soins est centré sur l'accompagnement des patients, le maintien de leurs activités et le soutien à l'entourage (3).

Les neuroleptiques apparaissent modérément efficaces sur les troubles du comportement alors qu'ils exposent à de nombreux effets indésirables parfois graves et, dans ce contexte, à une augmentation de la mortalité (1). Les benzodiazépines sont généralement peu utilisées du fait de dépendances, d'effets désinhibiteurs, d'aggravations des troubles de la mémoire, des fonctions cognitives et des performances psychomotrices, et du risque de chutes (1). Les anticholinestérasiques et la mémantine ont une balance bénéfices-risques défavorable en raison de leurs effets indésirables disproportionnés par rapport à leur efficacité incertaine (1,4).

Quelle nouveauté ?

Premier anti-amyloïde bêta autorisé dans l'Union européenne

Le lécanémab est un anticorps monoclonal dirigé contre l'amyloïde bêta, un peptide qui s'accumule dans le cerveau de patients atteints de maladie d'Alzheimer (5,6).

Dans l'Union européenne, l'Agence européenne du médicament (EMA) a d'abord rendu un avis défavorable pour l'autorisation de mise sur le marché (AMM) du lécanémab. Après un recours de la firme, et un réexamen des données notamment dans certains sous-groupes de patients, l'EMA a rendu un avis favorable à une AMM dans la maladie d'Alzheimer débutante, à condition d'« une pathologie amyloïde confirmée (…) par un test approprié » (sans précision) et à l'exclusion des patients homozygotes « pour l'allèle ε4 du gène de l'apolipoprotéine E (ApoE ε4) » (5,7). L'EMA met notamment en avant que ces patients sont plus exposés aux effets indésirables du lécanémab (6).

Le lécanémab est le premier médicament anti-amyloïde bêta autorisé dans l'Union européenne (6). Au fil des décennies, des dizaines de médicaments anti-amyloïde bêta ont été testés sans succès dans la maladie d'Alzheimer, dont des anticorps monoclonaux (lire l'encadré "Amyloïde bêta : des décennies de recherche et d'échecs cliniques").

Chez les patients atteints d'une maladie d'Alzheimer débutante, le lécanémab est-il efficace pour ralentir le déclin cognitif ? Permet-il aux patients de rester plus longtemps autonomes ? Apporte-t-il un réel répit aux aidants ? Quels sont ses effets indésirables ? Dans quelle mesure sont-ils acceptables en regard de son éventuelle efficacité ?

La suite est réservée à nos abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Faites le choix de l'indépendanceet accédez à tous nos contenusà partir de 19€ par mois Abonnez-vous