Autour de ma thèse
Camille Lapeyre a soutenu en 2024, à l'université de Montpellier, une thèse de médecine consacrée à la diminution des prescriptions d'aérosols-doseurs (alias sprays).
Pourquoi ce sujet ?
Camille Lapeyre : J'étais convaincu qu'il fallait un sujet qui me passionne afin de mener à bien mon travail de thèse. L'écologie a donc guidé mes premières recherches et une revue approfondie de la littérature m'a permis de centrer mon sujet sur l'impact écologique des aérosols-doseurs (alias sprays).
Qu'avez-vous découvert ?
CL : Je me suis surtout intéressé aux différences entre les inhalateurs de poudre et les aérosols-doseurs : la pollution est multipliée par 15 en utilisant les aérosols-doseurs, sans différence d'efficacité ni de tolérance (a).
Des surprises ?
CL : J'ai noté une grande disparité de prescription des dispositifs inhalateurs, notamment entre la Suède (85 % d'inhalateurs de poudre) et le Royaume-Uni (75 % d'aérosols-doseurs). Cela vient peut-être tout simplement des principales firmes qui commercialisent ces produits de santé : AstraZeneca en Suède, et GlaxoSmithKline au Royaume-Uni.
Mais ce qui m'a le plus marqué reste l'équivalence, en termes d'empreinte carbone, entre un flacon d'aérosol-doseur et un trajet de 300 km en voiture (b).
Des difficultés imprévues ?
CL : J'ai eu des difficultés à mettre en place mon intervention auprès des médecins généralistes qui étaient rarement disponibles en dehors de la pause de midi. Ça a été beaucoup de logistique et de trajets. Heureusement, ma présentation était bien reçue et permettait un temps d'échange agréable.
Qu'en retirez-vous ?
CL : Maintenant, je travaille à l'hôpital où l'on prescrit surtout des nébulisations, moins polluantes que les aérosols-doseurs. En stage au cabinet, je ne prescrivais plus que des inhalateurs de poudre. J'ai aussi retenu que lorsqu'on s'intéresse à un sujet, quel qu'il soit, il ne faut pas hésiter à poser des questions, même aux institutions, car la plupart du temps on obtient des réponses.
Que souhaiteriez-vous qu'on retienne de votre travail ?
CL : On peut appliquer au cabinet les gestes écologiques du quotidien, mais notre action doit aussi, et surtout, se situer dans nos prescriptions.
Propos recueillis par ©Prescrire