Antalgie lors d'une IVG médicamenteuse à domicile

Autour de ma thèse

Marion Achache a soutenu, en 2019, à l'université Toulouse III, une thèse de médecine générale consacrée à la gestion de la douleur dans cette situation.

Pourquoi ce sujet ?

Marion Achache : Quand j'étais interne, la médecin avec laquelle j'effectuais mon stage praticien de niveau 1 appartenait au réseau Reivoc (a). Elle m'a initiée à la prise en charge des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses (IVG) à domicile, et notamment à leur antalgie. Dans les suites, elle m'a proposé le sujet pour ma thèse et j'ai accepté avec plaisir. Fille d'un père anesthésiste, j'ai été sensibilisée très tôt à la gestion de la douleur. De plus, la thématique de la santé de la femme me tenait à cœur.

Des surprises ?

MA : J'ai été marquée par l'intensité des douleurs ressenties par les patientes, mais aussi par la prudence avec laquelle elles prenaient les antidouleurs prescrits. La douleur était mal contrôlée malgré des prescriptions adaptées.

Quelles conséquences sur votre pratique ?

MA : J'ai tendance à plus rassurer les patients douloureux quant à la prise d'antalgiques et je leur explique davantage leurs intérêts et les modalités de prise.

Concernant les douleurs en lien avec l'IVG médicamenteuse spécifiquement, je n'hésite pas à prescrire de la morphine ou un opioïde d'efficacité équivalente.

Des difficultés imprévues ?

MA : Il m'a été difficile de demander un travail supplémentaire aux soignants qui devaient proposer les questionnaires de thèse aux patientes, avec toutes les explications nécessaires pour les remplir. Heureusement, les membres du réseau sont motivés et m'ont permis d'obtenir suffisamment de réponses.

Un bilan de votre expérience ?

MA : J'ai apprécié de collaborer avec les membres du réseau Reivoc et tous les apprentissages qui ont accompagné cette thèse.

Un travail long mais enrichissant, à la suite duquel j'aurais souhaité lire davantage de travaux sur l'usage des médicaments opioïdes dans la prise en charge de l'IVG.

Propos recueillis par ©Prescrire

Notes

a- Le réseau interruption volontaire Occitanie, alias Reivoc (www.reivoc.fr) est une association loi 1901 qui œuvre pour le développement de l'IVG médicamenteuse en ville en favorisant notamment les échanges entre acteurs de soins hospitaliers et non hospitaliers.

Pour aller plus loin

Achache M "Peut-on améliorer la prise en charge de la douleur au cours d'une IVG médicamenteuse à domicile ? Enquête auprès des patientes et soignants du Reivoc" Thèse médecine, Toulouse III, 2019 : 57 pages.

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