Lidocaïne en emplâtre médicamenteux (VERSATIS°) et douleurs neuropathiques périphériques localisées

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La question clé

Dans les douleurs neuropathiques périphériques localisées autres que postzostériennes, qu'apporte la lidocaïne en emplâtre par rapport à un traitement oral par amitriptyline, voire par gabapentine ?

Les douleurs neuropathiques, alias neurogènes, résultent d'une atteinte du système nerveux central ou périphérique. Elles se manifestent en général par des sensations de brûlures, des décharges électriques, des fourmillements, des picotements, des engourdissements. Leurs causes sont diverses, liées notamment à certaines affections (diabète, douleurs postzostériennes, cancers, accidents vasculaires cérébraux, sclérose en plaques), à certains toxiques (dont des médicaments), à des traumatismes (y compris après chirurgie). Elles sont dites localisées quand la douleur maximale est située dans une zone constante et circonscrite (1à3).

Diverses substances à visée antalgique sont utilisées dans les douleurs neuropathiques. Par voie orale, l'amitriptyline, un antidépresseur imipraminique, est un premier choix. La gabapentine, un antiépileptique, est à envisager quand l'amitriptyline est insuffisamment efficace ou à éviter. La prégabaline, un autre antiépileptique, ne paraît pas plus efficace que la gabapentine, alors que son profil d'effets indésirables est plus chargé, notamment concernant le risque de dépendances : cela conduit à l'éviter dans cette situation (1).

En France, les emplâtres de lidocaïne, un anesthésique local, ont d'abord été autorisés chez les adultes souffrant de douleurs postzostériennes, avec une efficacité au mieux modérée selon des essais versus placebo aux résultats divergents. Ces emplâtres exposent à moins d'effets indésirables que les traitements habituellement utilisés par voie orale dans cette situation, ce qui en fait une option parfois utile (4,5).

Depuis plusieurs années, ces emplâtres sont aussi utilisés hors autorisation de mise sur le marché (AMM) dans les douleurs neuropathiques autres que postzostériennes. En 2025, l'Agence française du médicament (ANSM) a officialisé et protocolisé cette utilisation hors AMM, valable uniquement en France dans un "cadre de prescription compassionnelle" (CPC), chez les adultes et les enfants âgés d'au moins 7 ans (lire l'encadré "C'est-à-dire ? Cadre de prescription compassionnelle (ex-RTU)") (3).

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