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Médicaments à écarter

pour mieux soigner - bilan 2021


Le résultat d'une méthode fiable, rigoureuse et indépendante

Principales évolutions autour du bilan 2021 des médicaments à écarter

Bilan des médicaments à écarter
Pour aider à choisir des soins de qualité, et éviter des dommages disproportionnés pour les patients, nous avons mis à jour fin 2020 le bilan des médicaments que Prescrire conseille d’écarter pour mieux soigner. Voici les principales évolutions entre le bilan 2020 et le bilan 2021.


Chaque année, Prescrire actualise son bilan des médicaments à écarter des soins. Suite à cette analyse, certains médicaments sont ajoutés, d'autres sont retirés, soit parce que leur commercialisation a été arrêtée sur décision de la firme ou d'une autorité de santé, soit le temps d'un réexamen de leur balance bénéfices-risques par Prescrire, susceptible d'être modifiée par de nouvelles données. Voici les principales évolutions entre le bilan 2020 et le bilan 2021.

Ajouts au bilan des médicaments à écarter 2021 : le retour des gliflozines, finastéride 1 mg,
piracétam, eskétamine, etc.


Gaspard BilanRetour des gliflozines parmi les médicaments à écarter dans les diabètes

Les hypoglycémiants du groupe des gliflozines dans le diabète de type 2 ont été autorisées dans l'Union européenne depuis le milieu des années 2010. Au fil du temps, leur balance bénéfices-risques défavorable s'est confirmée (n° 374 p. 915-923). Il s'agit de :

Les gliflozines figuraient dans le bilan de 2019. Leur inscription a été suspendue en 2020, le temps de l'évaluation de la balance bénéfices-risques de la dapagliflozine dans le diabète de type 1. La dapagliflozine n'a pas plus d'intérêt dans le diabète de type 1 que dans le diabète de type 2. Après ce temps de réévaluation, ce groupe d'hypoglycémiants figure à nouveau parmi les médicaments à écarter.

Gaspard BilanDe nouveaux médicaments à écarter : finastéride 1 mg, piracétam, eskétamine, etc.

Deux médicaments ont été ajoutés car les effets indésirables auxquels ils exposent sont disproportionnés par rapport à leur faible efficacité ou à la bénignité de la situation clinique dans laquelle ils sont autorisés. Il s'agit du :

Trois autres médicaments ont une certaine efficacité mais leurs effets indésirables sont disproportionnés ou d'autres options moins dangereuses existent :

Nous avons aussi ajouté :

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Trois substances retirées des médicaments à écarter

Bilan des médicaments à écarter : nouvelles donnéesEn 2019, nous avions ajouté au bilan des médicaments à écarter l'ulipristal dosé à 5 mg (Esmya°), un antagoniste et agoniste partiel des récepteurs de la progestérone utilisé dans les fibromyomes utérins, car il expose à des atteintes hépatiques graves, justifiant parfois une transplantation hépatique (n° 415 p. 347 ; n° 418 p. 579-580) (a). Depuis mars 2020, l'autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne de Esmya° est suspendue en raison de ces atteintes hépatiques graves, et en septembre 2020, le Comité européen de pharmacovigilance (PRAC) a recommandé un retrait de l'AMM.

Un autre médicament qui figurait dans le bilan 2020 des médicaments que Prescrire conseille d'écarter a été retiré puisqu'il est censé ne plus être commercialisé en France : le nifuroxazide (Panfurex° ou autre), un "anti-infectieux" intestinal sans efficacité clinique démontrée dans les diarrhées, et qui expose à des effets immunoallergiques et hématologiques rares mais graves.

Nous avons aussi retiré le nintédanib (Ofev° en pneumologie, Vargatef° en cancérologie), un inhibiteur de tyrosine kinases avec effet antiangiogenèse, en raison de l'évaluation en cours par Prescrire de sa balance bénéfices-risques dans deux nouvelles indications ajoutées en 2020 dans l'AMM de Ofev° : pneumopathies interstitielles diffuses fibrosantes chroniques avec un phénotype progressif ; pneumopathie interstitielle diffuse associée à la sclérodermie systémique. La balance bénéfices-risques du nintédanib reste défavorable dans les autres situations dans lesquelles il est autorisé : fibrose pulmonaire idiopathique pour Ofev° (n° 389 p. 180) ; certains cancers bronchiques non à petites cellules sous le nom Vargatef° (n° 389 p. 178-179).

Note :
a- Dans la contraception postcoïtale, l'ulipristal est pris en dose unique à 30 mg (EllaOne°). Un risque d'hépatite n'a pas été mis en évidence lors de cette utilisation, mais la prudence incite à préférer le lévonorgestrel, d'autant que les interactions médicamenteuses entre ulipristal et contraceptifs hormonaux exposent à une moindre efficacité de l'ulipristal ou du contraceptif (n° 416 p. 469-470 ; n° 432 p. 788-789).


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 LIBRE  "Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2021" Rev Prescrire 2020 ; 40 (446) : 929-941. (pdf, accès libre)

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©Prescrire 1er décembre 2020

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