Revue Prescrire, article en une, Diabete type 2 Insuline modalitÚs pratiques - juin 2005
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Diabète de type 2 :
modalités pratiques du traitement par insuline
 
Dédramatiser l'insuline, sans pour autant la banaliser.
Pour en savoir plus
 

Modalités pratiques du traitement par insuline dans le diabète de type 2

Rev Prescrire 2005 ; 25 (262) : 443-449.
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L'insuline : une alternative parfois utile à proposer pour le diabète de type 2

Rev Prescrire 2005 ; 25 (261) : 355-362.
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Insulines : quoi de neuf en 2005 ?
Rev Prescrire 2005 ; 25 (262) : 428-429.
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L'ajout d'une injection d'insuline à un traitement par antidiabétique oral est assez simple à mettre en œuvre et relativement peu contraignant pour les patients diabétiques de type 2. Dans cette situation, l'insuline est un médicament de maniement simple. Elle expose à peu d'effets indésirables et n'a qu'un faible risque d'interaction médicamenteuse.

Lorsque cette option thérapeutique convient aux patients diabétiques hyperglycémiques malgré un traitement oral, il n'y a pas lieu de chercher à la retarder.

Les patients et les soignants ont parfois des idées fausses sur le traitement par insuline.

L'injection d'insuline n'est pas douloureuse. Dans la grande majorité des cas, la finesse des aiguilles utilisées rend l'injection sous-cutanée moins douloureuse que le prélèvement de sang capillaire au bout du doigt. Une façon de le faire vérifier est d'injecter au patient 1 ou 2 unités d'insuline (à température ambiante), qui n'auront aucun effet notable sur sa glycémie.

L'injection d'insuline n'est pas compliquée. La préparation et la réalisation d'une injection sous-cutanée d'insuline à l'aide d'un stylo injecteur d'insuline demande peu de manipulations et se fait rapidement. Les patients apprennent habituellement à réaliser assez correctement ces gestes après quelques minutes de manipulation. La simplicité actuelle des stylos injecteurs d'insuline permet à la plupart des patients de réaliser eux-mêmes leurs injections sans avoir recours à un infirmier.

L'installation du traitement par insuline nécessite de la pédagogie, mais pas une hospitalisation. Dans les pays d'Europe du Nord, il est habituel de débuter l'insulinothérapie des diabétiques de type 2 en ambulatoire.

Le traitement par insuline perturbe peu les habitudes de vie. Dans le traitement associant une seule injection quotidienne d'insuline d'action prolongée au coucher et un antidiabétique oral, l'horaire de l'injection d'insuline perturbe généralement peu les patients dans leur vie courante. Ce type de traitement ne nécessite pas le respect d'horaires stricts pour les repas ou l'injection. Le suivi des règles diététiques n'a pas à être plus strict (ni moins strict) que sous traitement oral exclusif.
L'insuline supporte les températures ambiantes habituelles pendant un mois à l'abri du soleil et des fortes chaleurs, ce qui ne gêne pas la plupart des voyages.

L'insuline n'est pas responsable des complications du diabète. Certains patients croient que l'insuline est parfois à l'origine de complications, notamment ceux qui ont connu une personne diabétique chez qui une amputation, un infarctus, la mise en dialyse, ou le décès a suivi de quelques mois le début du traitement par insuline.
En réalité, dans l'essai UKPDS, d'une durée médiane de 10 ans, le traitement par insuline en monothérapie débuté dès la découverte du diabète a diminué le risque d'apparition d'une complication microangiopathique du diabète, sans modifier significativement le risque de complication macroangiopathique, par rapport à un contrôle moins strict des glycémies par la diététique en première intention.
Mais la baisse de la glycémie induite par l'insuline est susceptible d'aggraver une rétinopathie pré-existante.
Si celle-ci est préproliférante ou proliférante, il est préférable d'attendre la réalisation d'une photocoagulation laser avant de mettre en route le traitement par insuline. Dans les autres formes de rétinopathie, une surveillance ophtalmologique, plus fréquente après le début du traitement par insuline, est souhaitable.

Ce n'est pas l'insuline qui fait la gravité du diabète. Le diabète et ses complications sont en général une maladie abstraite pour les patients. Tant que l'insuline est repoussée à plus tard, le diabète n'est pas "grave", puisqu'il n'entraîne aucune gêne. Les contraintes du traitement sont bien souvent la première "complication" du diabète ressentie par les patients.
Vouloir éviter ce désagrément est légitime. L'information des patients, distinguant les faits et les hypothèses, doit permettre de mettre en balance, d'une part, les contraintes et les risques et, d'autre part, les bénéfices possibles du traitement par insuline en termes de prévention des complications futures.

Le traitement par insuline n'est pas nécessairement définitif. Dans le diabète de type 2, l'insuline n'est généralement pas vitale. Elle n'est ni une "drogue" entraînant une dépendance dès les premières injections, ni un traitement qui ne peut pas être interrompu une fois débuté.
Proposer un essai de traitement par insuline pendant 3 mois, en s'engageant à l'arrêter à l'issue de cette période si le patient le souhaite, permet au patient de constater par lui-même les difficultés et contraintes éventuelles du traitement, ainsi que d'éventuels bénéfices immédiats en termes de disparition des symptômes d'hyperglycémie, s'ils étaient présents.

©La revue Prescrire 15 juin 2005
Rev Prescrire 2005 ; 25 (262) : 443-449 (29 références).