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Mélatonine : effets indésirables notables

La mélatonine n'est pas un traitement de choix des troubles du sommeil : d'efficacité incertaine au-delà d'un effet placebo, elle expose à des effets indésirables, en particulier neuropsychiques, cutanés et digestifs.

La mélatonine, une hormone secrétée principalement par le cerveau, a pour fonction principale d'informer l'organisme de l'alternance jour-nuit, permettant de favoriser l'endormissement.

En France, selon la dose contenue dans une unité de prise, la mélatonine est considérée comme médicament ou complément alimentaire. Quels que soient sa dose et son statut, en cas de mauvais sommeil, la mélatonine n'est pas plus efficace qu'un placebo à court terme. De 2009 à mai 2017, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a recueilli 90 effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine ; l'Agence française du médicament (ANSM) a recueilli plus de 200 effets indésirables liés à la prise de mélatonine quel que soit son statut, entre 1985 et 2016.

Les effets indésirables rapportés étaient surtout des troubles neuropsychiques (syncopes, somnolences, maux de tête, convulsions, anxiété, troubles dépressifs), des troubles cutanés de type éruptions diverses et des troubles digestifs (vomissements, constipations, atteintes du pancréas). Des troubles du rythme cardiaque, régressant à l'arrêt de la mélatonine, ont été observés.

Les risques d'interactions sont à prévoir avec de nombreux médicaments, avec risque de diminution de leur activité et/ou addition de leurs effets indésirables. Des données anormales observées chez l'animal incitent à la plus grande prudence quant à l'utilisation de la mélatonine pendant la grossesse.

Dans tous les cas, quel que soit son statut, la mélatonine n'est pas une substance anodine. Son efficacité est incertaine pour favoriser le sommeil et elle expose à des effets indésirables notables.

©Prescrire 1er novembre 2018

"Mélatonine : bilan des notifications d'effets indésirables en France" Rev Prescrire 2018 ; 38 (421) : 835-836. (pdf, réservé aux abonnés)

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Voir aussi :

À éviter en traitement
d'un mauvais sommeil, surtout
chez les femmes enceintes
Rev Prescrire 2018 ;
38 (415) : 359.
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Mélatonine : des angioedèmes
Rev Prescrire 2014 ;
34 (369) : 510.
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Mélatonine : autorisée,
mais toujours pas de
preuve d'efficacité
Rev Prescrire 2008 ;
28 (296) : 409.
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Mélatonine et troubles
du sommeil : pas mieux
qu'un placebo
Rev Prescrire 2006 ;
26 (274) : 526.
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