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Comprendre la transmission du Sars-CoV-2 à l'origine de la maladie covid-19

 Dans l'actualité  Plusieurs précautions visant à protéger des infections par le coronavirus Sars-CoV-2 sont étayées par les connaissances acquises depuis le début de la pandémie de covid-19. Nous avons synthétisé quelques données utiles pour la pratique.

Les connaissances sur la transmission du coronavirus Sars-CoV-2 et les gestes dits barrières proposés s'étoffent peu à peu. Début octobre 2020, après 9 mois d'épidémie de maladie covid-19 à travers le monde, divers éléments sont déjà bien connus. Nous avons synthétisé des données utiles pour la pratique, issues des travaux en France du Haut conseil de la santé publique (HCSP) et de la Haute autorité de santé (HAS), ainsi que de spécialistes aux États-Unis d'Amérique et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Incubation : le plus souvent de l'ordre de 5 à 6 jours. L'incubation est la période entre la contamination d'une personne par le virus et les premières manifestations cliniques de la maladie chez elle. Dans la maladie covid-19, cette période est en général inférieure à 14 jours, et dans la moitié des cas inférieure à 5 ou 6 jours (1,2).

Infection avec symptômes : contagion surtout avant les symptômes et dans les premiers jours qui suivent leur apparition. Le risque de contagion par une personne est maximal au début de son infection. Environ 2 jours avant l'apparition de symptômes, le virus est présent en quantité assez importante dans les voies respiratoires pour être transmissible. La contagiosité décline au cours des jours qui suivent l'apparition des symptômes.

Quand la maladie covid-19 est sans gravité, la contagiosité diminue rapidement : elle est quasi nulle 10 jours après le début des symptômes. Au-delà de cette période, de faibles quantités d'ARN viral retrouvées par test PCR ne semblent pas associées à un risque de transmission. En général, l'alternance de résultats positifs et négatifs à des tests PCR successifs semble correspondre à la persistance d'une faible quantité de virus plutôt qu'à une réinfection par le Sars-CoV-2 (3,4).

Infection sans symptôme : risque de contagion durant une dizaine de jours. Même en l'absence de symptôme, une personne infectée par le Sars-CoV-2 est contagieuse, que cette personne ait par la suite des symptômes ou non. L'intensité de la contagiosité et sa durée ne sont pas différentes de ce qui est observé chez les patients avec des symptômes, en général moins d'une dizaine de jours (4).

Sécrétions des voies respiratoires, postillons, gouttelettes et aérosols : à prendre en compte. Le Sars-CoV-2 est transmis principalement par les sécrétions des voies respiratoires, qui sont émises sous forme de gouttelettes lors de la toux, d'éternuements ou par la parole. Des transmissions ont été documentées dans des lieux clos, peu ventilés, avec une densité humaine élevée, ce qui va dans le sens d'une transmission par des particules fines en suspension dans l'air (aérosols), mais ces transmissions pouvaient souvent être aussi expliquées par d'autres vecteurs (gouttelettes ou surfaces) (5,6).

Le risque de transmission est très variable selon les comportements des personnes porteuses du virus et de ceux des personnes de leur entourage. Ce risque est plus grand quand la personne infectée éternue, tousse, crache, crie, chante, d'autant plus que la distance avec les personnes autour d'elle est rapprochée.

Les mains d'une personne infectée sont souvent contaminées par ses propres sécrétions respiratoires, suite à des gestes vers le visage, parfois de façon automatique sans qu'elle s'en rende compte.

Distance entre les personnes : moins de risque de contagion au-delà d'un mètre. La distance entre les personnes est un facteur important pour réduire le risque d'être atteint par des projections de gouttelettes. Quelques études dans le contexte de la pandémie de covid-19 ont montré qu'une distance entre les personnes supérieure à 1 m réduit fortement le risque de contagion. Ces observations sont compatibles avec ce qui est observé dans d'autres infections respiratoires transmissibles (7).

Contamination des mains par les objets. Les prélèvements effectués sur des objets souvent au contact des mains auprès de personnes infectées ont mis en évidence de faibles quantités de virus en comparaison à celles mesurées dans les voies respiratoires (6). La quantité de virus diminue avec le temps, y compris sur les matières plastiques et l'acier inoxydable où leur disparition est plus lente : diminution de moitié des virus viables en 1 à 6 heures selon les surfaces (8). Par conséquent, la transmission par l'intermédiaire de surfaces contaminées est d'autant plus probable que la surface l'a été peu auparavant, en grande quantité, par des sécrétions transportées par les mains ou par des gouttelettes projetées.

Les mains qui seraient ainsi contaminées sont vectrices du coronavirus vers les voies respiratoires (5,6). Le lavage fréquent des mains, surtout quand elles peuvent avoir été contaminées, et la décontamination des surfaces qui sont souvent manipulées par les mains participent à la prévention de cette transmission (> ICI).

Selles, sang, sécrétions génitales : ne semblent pas infectants. Des traces de Sars-CoV-2 ont été trouvées dans les selles, le sang et le sperme. Du Sars-CoV-2 a rarement pu être cultivé à partir des selles de patients (c'est-à-dire du virus capable de se multiplier). Cependant, en septembre 2020, selon les observations effectuées en période épidémique, les voies féco-orale, sanguine, ou sexuelle ne semblent pas contribuer de façon importante à la transmission du virus entre humains (4,6).

Masques : diminution du risque de transmission. Diverses données sont en faveur d'une réduction du risque de transmission du virus Sars-CoV-2 en cas de port du masque à la fois par la personne infectée et par les personnes exposées, y compris avec des masques en tissu non médicaux, mais le degré de filtration diffère selon les tissus utilisés (4,9). Plusieurs études ont montré que le port d'un masque réduit fortement le risque d'infections respiratoires dans la population où il est porté (9). Le masque réduit principalement la quantité de projections, ou réduit la distance de projection. Il est donc particulièrement utile que les personnes infectées le portent, qu'elles aient ou non des symptômes. Il réduit aussi la quantité de virus reçue. Des données suggèrent que la diminution de la quantité de virus reçue diminuerait la gravité de l'infection par le Sars-CoV-2 quand elle survient (10). La surface extérieure d'un masque qui a été utilisé peut avoir été souillée par des projections de gouttelettes : toucher le masque avec la main comporte le risque que la main soit contaminée à son tour (> ICI).

En pratique : des précautions utiles. De ces données découlent les principales précautions à prendre pour limiter la transmission du Sars-CoV-2 dans la population générale, constituant les gestes dits barrières :

  • Lavage fréquent des mains dès qu'elles ont pu être contaminées : par contact avec ses propres sécrétions (au niveau des yeux, du nez, de la bouche), par contact avec une autre personne (le plus souvent en touchant les mains de celle-ci, parfois son visage), ou en touchant une surface peut-être contaminée (surtout les objets recevant les sécrétions tels que mouchoirs ou masques). Ceci est au mieux à effectuer avec savon et eau, ou à défaut avec une solution ou un gel hydroalcoolique ;
  • Attention soutenue aux gestes effectués avec ses mains et aux contacts éventuels, surtout les gestes automatiques vers le visage, pour éviter leur contamination ;
  • Limitation autant que possible des projections par éternuements et toux, en tenant compte de la contamination possible de ses mains lors d'un mouchage ou d'une toux. Quel que soit le mode de protection vis-à-vis des projections, tel qu'un masque par exemple, un lavage des mains est à effectuer ensuite avant de toucher des surfaces ;
  • Maintien à une distance d'au moins 1 m des autres personnes, pour limiter les projections des autres et ses propres projections sur les autres (une distance plus grande étant encore plus efficace) ;
  • Nettoyage et décontamination des surfaces qui sont fréquemment touchées avec les mains (poignées, boutons, téléphones, etc.) (> ICI). Par déduction, une décontamination systématique de la surface des objets et denrées qui sont déposés sans devoir être touchés pendant plusieurs heures ne semble pas justifiée, du fait de la disparition spontanée du virus : la prévention repose alors surtout sur le lavage-désinfection des mains après leur manipulation ;
  • Aération des lieux clos, autant que possible, pour réduire la charge en aérosols liés à la présence humaine ;
  • Port d'un masque dans les situations où la distanciation physique est difficile ou impossible à assurer, particulièrement dans les lieux clos ou mal ventilés, à forte densité humaine, ou en présence d'une personne dont le risque d'infection est élevé. Lors du port du masque, pour une protection optimale, il est souhaitable de le placer avec des mains propres, en évitant de se toucher les yeux, le nez ou la bouche. Le masque complète les autres mesures préventives, notamment d'hygiène des mains et de distanciation physique, sans les remplacer.

©Prescrire 5 octobre 2020

Sources :

  1. Haute autorité de santé et coll. "Réponses rapides dans le cadre du covid-19. Prise en charge de premier recours des patients suspectés de COVID-19 après la levée du confinement" 8 juillet 2020 : 27 pages. > ICI
  2. McIntosh K et coll. "Coronavirus disease 2019 (covid-19) : clinical features" UpToDate 14 septembre 2020 : 39 pages. > ICI
  3. Haut conseil de la santé publique "Avis relatif à la conduite à tenir en fonction du statut virologique Sars-CoV-2 chez une personne testée dans le cadre du dépistage ou du contact-tracing" 8 juillet 2020 : 22 pages. > ICI
  4. McIntosh K et coll. "Coronavirus disease 2019 (covid-19) : epidemiology, virology, and prevention" UpToDate 30 septembre 2020 : 36 pages. > ICI
  5. World Health Organization "Transmission of SARS-CoV-2 : implications for infection prevention precautions" Scientific brief, 9 juillet 2020 : 10 pages. > ICI
  6. Meyerowitz EA et coll. "Transmission of Sars-CoV-2 : a review of viral, host, and environmental factors" Ann Intern Med 2020 ; en ligne. > ICI
  7. Chu DK et coll. "Physical distancing, face masks, and eye protection to prevent person-to-person transmission of Sars-CoV-2 and covid-19 : a systematic review and meta-analysis" Lancet 2020 ; 395 : 1973‑1987. > ICI
  8. van Doremalen N et coll. "Aerosol and surface stability of sars-cov-2 as compared with SARS-CoV-1" N Engl J Med ; 382 (16) : 1564-1567 > ICI + Supplement : 10 pages. > ICI
  9. Haut conseil de la santé publique "Avis relatif à l'adaptation de la doctrine du HCSP et des mesures barrières et au port de masque, notamment dans les établissements recevant du public et aux grands rassemblements sportifs et culturels, dans le cadre de la pandémie de Covid-19" 23 août 2020 : 21 pages. > ICI
  10. Gandhi M et coll. "Masks do more than protect others during covid-19: reducing the inoculum of Sars-CoV-2 to protect the wearer" J Gen Intern Med 2020 ; en ligne : 4 pages. > ICI

 

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