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Dépression : risque suicidaire peut-être augmenté avec l'eskétamine (Spravato°)

Les essais cliniques et les données de pharmacovigilance montrent un risque suicidaire peut-être augmenté avec l'eskétamine (Spravato°), autorisée dans les dépressions dites résistantes et en cas d'urgence psychiatrique.

L'eskétamine par voie nasale (Spravato°) est autorisée depuis 2019 en ajout à un antidépresseur chez les patients souffrant d'une dépression dite résistante, malgré une efficacité incertaine et des effets indésirables neuropsychiques fréquents et parfois graves. Outre des syndromes de dissociation (hallucinations, distorsions du temps et de l'espace, modifications des perceptions sensorielles, etc.), le profil d'effets indésirables connu de l'eskétamine par voie nasale comporte des sédations, des sensations vertigineuses, des nausées, des vomissements, des troubles urinaires et des augmentations de la pression artérielle. Un risque d'addiction et d'usage détourné est évoqué.

L'eskétamine est aussi autorisée comme traitement aigu à court terme en cas d'"urgence psychiatrique" chez les patients souffrant d'une dépression, en association avec un antidépresseur. Son évaluation clinique, centrée sur deux essais chez des patients adultes hospitalisés en urgence, montre un effet incertain sur les symptômes dépressifs, un surcroît de comportements autoagressifs, et une augmentation des tentatives de suicide dans les semaines qui suivent. Un suivi de pharmacovigilance après une année de commercialisation aux États-Unis d'Amérique confirme un risque inquiétant d'idées suicidaires et de suicides avec l'eskétamine.

Quand le risque suicidaire paraît élevé, un des premiers objectifs est de chercher à établir une relation de confiance avec le patient dans un environnement protégé. Une hospitalisation en urgence est souvent nécessaire. L'intérêt des antidépresseurs est faible. Une benzodiazépine ou un neuroleptique sédatif semble parfois utile pour apaiser la souffrance psychique.

©Prescrire 1er mars 2022

• Texte complet : 

"Eskétamine (Spravato°) et dépression avec risque suicidaire élevé" Rev Prescrire 2022 ; 42 (461) : 170-171. Réservé aux abonnés.

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Voir aussi :

"Eskétamine en solution
pour inhalation (Spravato°)
- un médicament à écarter
des soins"
(Décembre 2021)
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"Dépression résistante :
non à l'eskétamine
(Spravato°)"
(Octobre 2020)
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